Jeudi 22 novembre 2007 4 22 /11 /Nov /2007 20:45
ganesh.jpg Ganesh dans la mythologie indienne est le Dieu des écrivains et des étudiants, c'est à lui que l'on doit faire appel en cas de besoin... Il semblerait que cette affaire était sous sa protection... Quand une église s'attaque à un écrivain, le Dieu Ganesh en personne intervient...


par Jean-Jacques Reboux

Les magistrats de la 17e chambre correctionnelle du Tribunal de grand instance de Paris ont tranché. L’assignation en diffamation déposée le 31 mai 2007 par l’Opus Dei contre Catherine Fradier et Jean-Jacques Reboux, auteure et éditeur de Camino 999, a été déclarée nulle, donnant raison à notre avocat, Me Emmanuel Pierrat.
L’Opus Dei a été déboutée de sa demande (30.000 euros de dommages et intérêts) et condamnée à verser à l’auteure et à l’éditeur du roman 2.000 euros de dommages et intérêts au titre de l’article 700 du Nouveau code de procédure civile.
Par ailleurs, l’Opus Dei a été condamnée aux dépens et devra donc régler la totalité des frais de justice engagés par cette plainte.
L’affaire ne sera donc pas jugée au fond. La question "Camino 999 est-elle une œuvre diffamatoire envers l’Opus Dei?" ne sera pas débattue devant la justice.
Tant mieux pour les écrivains, la liberté d’expression et… nos nerfs !
Cette décision judiciaire est d’une importance vitale.
Pour Catherine Fradier, qui va pouvoir continuer à écrire des romans mettant en lumière certains éléments sombres de notre société.
Pour les éditions Après la Lune, qui vont donc pouvoir continuer à exister – une condamnation nous aurait contraint à mettre la clef sous la porte – et à publier des livres de fiction, dans les conditions – difficiles – qui sont celles des petits éditeurs, mais aussi des essais, des pamphlets, des livres pour la jeunesse.
Il n’est pas inutile de rappeler que nous avons (brillamment) été défendus dans cette affaire par Me Emmanuel Pierrat, qui a ironisé, lors de l’audience du 7 novembre, sur le fait que l’Opus Dei aurait été mieux inspirée de s’en prendre au Da Vinci Code, éditée par un éditeur du groupe Lagardère – ceci expliquant sans doute cela.
La décision des magistrats de la 17e chambre correctionnelle du TGI de Paris lui a donné raison.
Camino 999 n’est donc pas un livre diffamatoire, ni, comme le prétendait Me Varaut, avocat de la Prélature, une "fiction journalistique". C’est "juste" un roman (un très bon roman), sélectionné pour le Prix Polar SNCF 2007 et le Prix Cezam des Comités d’entreprise 2008.
Par ressacs
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 22 novembre 2007 4 22 /11 /Nov /2007 20:16
Un dessin de Ballouhey....

159-21-11otages-copie-1.jpg
Par ressacs
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 22 novembre 2007 4 22 /11 /Nov /2007 18:20
Que nous dit Wiki?
statue.jpg
Vers l’âge de 16 ans, le chevalier de La Barre et son frère Jean-Baptiste sont envoyés à Abbeville chez leur tante, Anne Marguerite Feydeau, abbesse de Willancourt, après la ruine de leur père qui avait dilapidé une fortune de plus de 40 000 livres en rentes héritée de son propre père, lieutenant général des armées.
L’affaire commence suite à la dégradation, découverte le 9 août 1765, de la statue du Christ s'élevant sur le Pont neuf d’Abbeville. Cette statue avait été tailladée à plusieurs endroits par « un instrument tranchant » qui, comme l'écrivit l’huissier du roi, provoqua ainsi à la jambe droite « trois coupures de plus d’un pouce de long chacune et profonde de quatre lignes » et « deux coupures à coté de l’estomac ». L'émotion dans la cité picarde est immense car par ce geste c’est Dieu, et non pas seulement son symbole, qui est frappé. Ainsi, signe de la gravité de ce sacrilège, l'évêque d’Amiens lui-même, Mgr d’Orléans de La Motte mène la cérémonie de la « réparation » (pieds nus) pour réparer cette offense, en présence de tous les dignitaires de la région.

Le coupable idéal


Qui a commis ce sacrilège ? Les rumeurs vont bon train mais, faute de preuve, il faut recourir aux interrogations pour réparer l’offense. Les curés incitaient même à la délation lors des messes du dimanche. Finalement, l’enquête est menée par Duval de Soicour, lieutenant de police d’Abbeville, qui s’implique avec acharnement, n’hésitant pas à fournir de fausses accusations et de faux témoignages, et par le lieutenant du tribunal d’élection Belleval, qui est un ennemi personnel du chevalier de La Barre, depuis que sa tante, l’abbesse de Willancourt, a repoussé ses avances.
Intimidées, les personnes interrogées accusent le chevalier de La Barre et deux « complices », Gaillard d’Etallonde et Moisnel, d’avoir chanté deux chansons libertines irrespectueuses à l’égard de la religion et d’être passés devant une procession en juillet 1765 sans enlever leur couvre-chef. Pire, les trois hommes par défi, refusent de s’agenouiller lors du passage de cette même procession. Après dénonciation, une perquisition menée au domicile de La Barre amène à la découverte de trois livres interdits (dont le Dictionnaire philosophique de Voltaire et des livres érotiques) qui achève de le discréditer en dépit d’un solide alibi. Fait aggravant pour La Barre, l'évêque d’Amiens et les notables locaux (encouragés par d’influents dévots attachés à la tradition) souhaitaient faire de ce cas un véritable exemple.
Pensant être innocenté grâce aux relations de sa famille, le chevalier de La Barre ne prépare pas sa fuite et, malgré le remarquable plaidoyer du journaliste et avocat Linguet et la défense des amis de l’abbesse de Willancourt devant le Parlement à Paris, la condamnation aux galères obtenue en première instance est commuée en condamnation à mort. Le roi de France lui-même, Louis XV, est sollicité, mais peu convaincu des arguments des défenseurs du chevalier, il lui refuse la grâce malgré l’intervention de l'évêque d’Amiens.
Le chevalier de La Barre est donc condamné à subir la torture ordinaire et extraordinaire pour dénoncer ses complices, à avoir le poing et la langue coupés, à être décapité et brûlé avec l’exemplaire du Dictionnaire philosophique. Cette sentence pour blasphème est exécutée le 1er juillet 1766 à Abbeville par cinq bourreaux spécialement envoyés de Paris (dont le bourreau Sanson qui lui tranchera la tête). « Je ne croyais pas qu’on pût faire mourir un gentilhomme pour si peu de chose » auraient été ses dernières paroles. Il n’avait que 19 ans.

La mobilisation des Lumières

Mis en cause dans cette affaire, Voltaire prend alors fait et cause pour le chevalier de La Barre et ses coaccusés. Il rédige la Relation de la mort du chevalier de La Barre à Monsieur le marquis de Beccaria et le Cri d’un Sang Innocent pour lesquels il sera condamné sans que la sentence puisse être exécutée du fait de sa présence en Suisse. Du fait de son éloignement, c’est Diderot qui le tiendra au courant des évènements.
Voltaire utilisera ses relations pour innocenter Gaillard d’Etallonde, qui s’était enfui en Hollande, et le protéger en le faisant engager dans l’armée prussienne. Quant à Moisnel, qui reconnut quelques impiétés et n’avait que 15 ans, il ne fut pas inquiété.
L’affaire du chevalier de La Barre a constitué, avec d’autres comme l’affaire Calas ou l’affaire Sirven, une des causes célèbres qui ont été l’occasion pour Voltaire et les philosophes des Lumières de lutter contre l’arbitraire de la justice au XVIIIe siècle. Voltaire a rajouté à son Dictionnaire philosophique un article intitulé « Torture » dénonçant l’injustice et la barbarie de l’affaire du chevalier de La Barre.

Conclusion

socle.jpg
Le chevalier de La Barre fut le dernier condamné à mort pour blasphème.
La Révolution le réhabilita en novembre 1791
En 1897, un comité de libres-penseurs obtient l’érection d’une statue du chevalier de La Barre devant la basilique du Sacré-Cœur, à Montmartre. Déplacée en 1926, square Nadar, la statue est déboulonnée le 11 octobre 1941 par le gouvernement de Vichy. Le 24 février 2001, une nouvelle statue est érigée en remplacement. Il existe également une « rue du Chevalier-de-La-Barre » juste derrière le Sacré-Cœur, entre la rue Ramey et la rue du Mont-Cenis.
Aujourd’hui, le nom et la statue de cette victime de l’intolérance religieuse demeurent un point de ralliement pour les tenants de la laïcité. Il existe même deux associations au nom du chevalier de La Barre.
Il fut, par la suite, établi que la dégradation du crucifix à l’origine de l’affaire du chevalier de la Barre aurait été causée par l’accident d’une charrette chargée de bois.
Par ressacs
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 20 novembre 2007 2 20 /11 /Nov /2007 11:42
Me revient en mémoire cette anecdote qui a eu lieu début mars 2004 au Idéal River View Resort  près de Tanjore, lieu de luxe de calme et de volupté s'il en est...

J’achevais un périple de plusieurs milliers de kilomètres sur des routes chaotiques à travers le Tamil Nadu, le Karnataka, le Kérala, et je passais ma dernière nuit de route dans cet hôtel. La veille j’étais tombé dans un boxon où se retrouvait pour s'alcooliser toute la faune locale, à la Kingfisher, la bière nationale, une blonde légère et mousseuse, bien agréable sous ces climats... Cassé de fatigue ni le tapage des poivrots, ni le feulement des ventilateurs, ni la chaleur encore supportable à cette époque de l’année, ne m’ont empêché de dormir.
 C’est dire qu’arriver dans un tel lieu après ces événements à rendu encore plus perceptible le calme et l’harmonie qui s’en dégageaient. il semblait tellement incroyable qu’un tel endroit existât après tout ce bazar, ces foules, et ces routes poussiéreuses, ce chaos partout. J’avais changé d’itinéraire pour éviter une kumba mela qui se déroulait à Tiruchirapalli et qui devait réunir au minimum deux ou trois millions de pèlerins sur plusieurs jours.  N’ayant plus envie de ces bains de chair, encore moins de devenir le centre d’attraction, trouver un lieu pareil m’est apparu comme un oasis. IMG-4738bis.jpg
 La pelouse d’un vert phosphorescent resplendissait, taillée en permanence avec des ciseaux par une femme accroupie habillée en sari aux couleurs de l'uniforme de l’hôtel.
C’est à la main et une par une, qu’elle ôtait la moindre mauvaise herbe qui aurait osé pousser par mégarde dans cette épaisse moquette où l’on enfonçait comme dans une mousse quand on marchait dessus. Partout des bougainvilliers, des ibiscus, des mainates en liberté qui sifflait, des perroquets verts. Jamais je n’ai ressenti une sensation aussi paisible en Inde.
IMG-4759bis.jpg
J’étais à ce moment-là si loin de tout, plongé dans les souvenirs de ce voyage essayant de recomposer mon être en rassemblant les morceaux. Une femme au loin vocalisait. Dans un premier temps je ne prêtais pas attention à cette voix qu’il me semblait pourtant connaître pour l’avoir entendu dans une autre vie.

J’ignorais s’il s’agissait d’une chanteuse ou d’un enregistrement quelconque. Le nez collé dans mon carnet, je notais les premières sensations qui se dégageaient de cet endroit qui agissait sur moi comme un puissant psychotrope. Ici plus besoin de défense, plus besoin d’être sur le qui vive, plus besoin d’avoir le cerveau en alerte, on peut vivre comme suspendu dans les airs. Hors du temps et de toute contrainte...
C’était deux ou trois appartements plus loin... IMG-4797bis.jpg
Je vis passer dans mon champ de vision une indienne habillée d’un shorida jaune et orange, son écharpe pendait dans son dos. Je n’aurais probablement pas levé le nez de mon carnet, si je n’avais remarqué cette démarche princière, elle avançait d’un pas presque dansant comme si ses pieds ne touchaient pas le sol. Il arrive parfois de rencontrer des êtres pareils en des instants fugaces. Et on ne sait pas si ce sont des anges que l’on croise ou de simples mortels. C’est le pas tintinnabulant de clochettes de cette femme qui ne fit la regarder. En la voyant ici dans ce lieu et de façon aussi incongrue je prononçais son nom et ne pus m’empêcher d’être envahi par la chair de poule, car j’ai craint qu’elle ne m’entendit et ne vint vers moi. Il n’en fut rien, Susheela se dirigeait vers la sortie suivie par ce qui semblait être des musiciens... IMG-4744bis.jpg
Par ressacs
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 20 novembre 2007 2 20 /11 /Nov /2007 11:37
AFFICHE-MALNUIT.jpg
Par ressacs - Publié dans : Les copains d'abord
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 16 novembre 2007 5 16 /11 /Nov /2007 11:27

 

 

4f03f608c6563e25b999f253d89db677.jpg


Par Ben de FRERETOC

J'ai été très étonné de voir, un peu partout dans mon palindrome, des affiches annonçant un concert de Susheela Raman, artiste indienne, à Villaines-la-Juhel, un patelin du nord Mayenne. Comme quoi, la vie réserve parfois de bonnes surprises, car j'avais beau écarquiller les yeux, je n'étais pas en train d'halluciner : elle passait bien en concert le mercredi 7 novembre et pour une somme ridiculement petite : 5 euros (dommage, j'étais prêt à payer largement le triple, comme - je pense - les 150 spectateurs qui avaient fait le déplacement).

Annoncée comme faisant la part belle à des reprises (Lou Reed, Bob Dylan, Joy Division) pour défendre son dernier album qui est une relecture à sa façon de titres qu'elle adore, la soirée promettait d'être fabuleuse et elle l'a été ! En trio (un guitariste, son frère aux tablas, et la belle au chant), Susheela Raman a livré une prestation incroyable, entre mysticisme indien, et réappropriation d'un répertoire européen de haute volée.

Le concert a débuté par un hymne indien qui a donné le ton : voix absolument merveilleuse - elle en fait ce qu'elle en veut - guitariste à tomber par terre, et une Susheela Raman qui ondule sur scène, gracieuse, dégageant un charisme impressionnant. L'aspect hypnotique de la musique indienne m'a marqué, et l'utilisation d'un sampler sur scène n'a fait qu'accentuer ce sentiment d'être embarqué, loin, très loin pour un vrai voyage musical. Susheela Raman, enregistre et démultiplie sa voix, ce qui donne une profondeur au tissu sonore proprement hallucinante.

Difficile de reconnaître les reprises tant elle change quasiment tout, à l'exception des paroles. J'ai tout de même reconnu un morceau du Velvet, un Dylan, un Joy Division (!) qu'elle a annoncé avant, en expliquant brièvement la vie de Ian Curtis le chanteur de Joy Division, suicidé à 23 piges. Une artiste indienne, qui reprend un obscur groupe punk-new wave anglais des années 80 à Villaines-la-Juhel ! La vie réserve d'agréables surprises, non ?

Au second rappel, Susheela demande au public de lui donner le titre d'un morceau qu'il aimerait qu'elle joue, je n'ose pas lancer Song to the siren, sa magnifique reprise du morceau Tim Buckley, et c'est un autre titre qui aura la faveur du public. Je me dis "dommage, elle a joué tellement de reprises, celle-ci est pourtant la plus belle"... Le morceau se termine, elle commence à quitter la scène, et là : moment magique : le guitariste vient devant elle, commence à jouer les premières notes de Song to the siren, lui sourit, l'air de dire "allez, on leur joue celle-là, ok ?", la belle lui répond par un sourire, et s'approche du micro. Là, je ne touche plus terre, tellement l'instant est magnifique. Le morceau restera longemps dans ma tête ce soir là, tout comme sa voix et ce concert fabuleux. Et ce moment, on l'aura vécu dans un patelin paumé, quelque part en nord Mayenne...



05858c49f0a20423e00083acad9eccf4.jpg

photo Bénédicte Mercier Tanjore, Tamil Nadu

chers lecteurs, je ne peux que vous inviter à continuer la lecture des critiques sur le blog de freretoc

 

 

Par ressacs
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 15 novembre 2007 4 15 /11 /Nov /2007 22:50

 

Bonjour à tous,

Dans quelques jours (le 14/11) s'annonce une grève à la SNCF pour la sauvegarde de notre régime spécial. Il a été dit n'importe quoi à ce sujet, et j'ai décidé, à titre purement personnel, d'informer mes amis et connaissances sur la réalité de nos "privilèges".

Avant toute chose, il faut savoir que notre régime de retraite a été mis en place en 1938, à la création de la SNCF, en s'inspirant des régimes déjà en place dans les anciennes compagnies.

En 1945, le gouvernement Français va créer ce qui va s'appeler le "régime général", le système de retraite par répartition actuel. La SNCF va conserver ce qui devient un "régime spécial" qui offre des avantages par rapport au régime général:

Pour partir en retraite avec un taux plein (au maximum), il faut cotiser 37,5 ans. Les conducteurs qui travaillent en horaires complètement décalés, ont des "bonifications" qui permettent de gagner 5 ans (cotisation de32,5 ans). Un cheminot peut toutefois partir en retraite:
-à 55 ans pour les agents sédentaires si ils ont au moins 25 ans de cotisation
-à 50 ans pour un conducteur (toujours si ils ont 25 ans de cotisation)

En partant à cet âge, ils ne sont toutefois pas au maximum de ce qu'ils peuvent espérer. Pour comparer avec le régime général, le taux de remplacement moyen (le montant de la retraite par rapport au dernier salaire) est de 64 % à la SNCF du fait qu'à 55 ans, la durée moyenne d'activité validée par les cheminots est de 32 ans. C'est ainsi qu'en 2001, les pensions moyennes attribuées aux retraités de droit direct étaient de 1 407 € à la SNCF et 1 590 € pour le régime de référence, soit un écart de 13 %.

Il faut savoir que la SNCF a la possibilité de mettre à la retraite d'office ses agents. Certains désirent continuer leur activité, ils ne le peuvent pas. Cette possibilité est très utile à la SNCF pour réduire ses effectifs, surtout dans les secteurs qu'elle restructure.

De plus il faut savoir que ce soit disant "avantage" est la contrepartie des contraintes du service public du travail jours et nuits, dimanches, jours fériés et pendant les vacances. Je vous assure qu'il est difficile le 24 décembre au soir de partir en laissant la famille, les amis et le repas de réveillon.

Cet "avantage" est aussi la contrepartie de salaires plus faibles, surtout les dimanches ou les nuits (les heures de "milieu de nuit" entre 0h30 et 4h30 donne droit à une majoration de ....0,20 euros. Oui, je dis bien 20 centimes d'euros). Ah, que nous aimerions être payés 50% de plus les dimanches et les nuits!!!

De plus, et je veux insister sur ce point jamais abordé par les médias, LES CHEMINOTS SE PAIENT LEURS AVANTAGES par une surcotisation de retraite. En effet, le taux de cotisation patronale à la SNCF atteint 28,44 % et est assis sur 87,3 % du salaire brut. Il est donc très supérieur à celui du régime général qui est de 14,18 % en moyenne.

Si je me paye ma maison avec un crédit de 15 ans avec de plus grosses mensualités, est-ce que je m'occupe de savoir si mon voisin se paye la sienne avec un crédit sur 25 ans? La situation est là même pour nos retraites, nous nous payons nos "avantages".

Alors, me direz vous, ou est le problème? Il y a plus de 100 régimes spéciaux, mais attaquer la SNCF est un symbole. Et à l'intérieur de la SNCF, ce sont surtout les conducteurs qui sont visés, eux qui on bien emm.... les précédents gouvernements (n'est-ce pas Juppé?). Il faut d'ailleurs noter que Sarko et le gouvernement ont bien matraqué leur message en répétant que cette réforme ce faisait "au nom de l'égalité". Quelle égalité? Vous voulez que la SNCF ferme le soir à 19h pour ouvrir à 6h00? Que tout s'arrête le vendredi soir et reprenne le lundi matin?

Que nous fermions le 31 juillet au soir pour ouvrir le 01 septembre? Que tous les jours fériés le trafic s'arrête? Et si certains d'entre vous travaillent le dimanche, combien êtes-vous payés? Et la nuit?

Pourquoi ne pas attaquer certains régimes spéciaux VRAIMENT avantageux? Comme celui des députés et sénateurs, qui cotisent en moyenne deux fois plus, c'est vrai, mais pour toucher en moyenne SIX FOIS PLUS.

Voilà un lien pour le site WEB des régimes spéciaux. C'est le site officiel. Vous allez pouvoir comparez les différents régimes. Dans la colonne de gauche, essayez de cliquer (tout en bas) sur le régime du Sénat ou celui de l'Assemblée Nationale". Oh !!! Comme c'est étrange!! La page est vierge, "réservée"!!!!

Cliquez ici pour votre information

Vous ne croyez pas qu'on nous prend - que l'on VOUS prend - pour des idiots? Et le régime des militaires qui, en plus, ont des emplois réservés une fois la retraite atteinte (qui peut intervenir au bout de 15 ans seulement)?

Ajoutons que notre présidente, Madame IDRAC, a déjà demandé au gouvernement la suppression de la "surcotisation". Au final, cette opération va coûter de l'argent au gouvernement, aux contribuables, A VOUS TOUS!!! Quel paradoxe !!

Le seul fait qui soit tangible, c'est le déséquilibre démographique de notre régime. Actuellement, il y a 1 actif pour 1,75 retraité. Ce déséquilibre démographique fortement négatif de la Caisse des retraites de la SNCF découle des restructurations massives, de la modernisation des techniques et des externalisations mais pas seulement. La politique volontariste de l'Etat dans les années soixante-dix pour favoriser le transport routier au détriment du rail (le fameux GRENELLE de l'environnement ne revient guère là dessus), est une des raisons de la dégradation du ratio démographique. De ce fait, les cheminots ne sauraient être tenus pour responsables de ce rapport défavorable qui est avant tout dû aux suppressions d'effectifs.

En 1983 la SNCF a été transformée en EPIC, Etablissement Public, Industriel et Commercial. C'est une entreprise dont le propriétaire est l'état, mais qui doit équilibrer ses comptes. A ce titre, nous ne sommes pas des fonctionnaires. Nous devons être "rentables". La politique de réduction d'emploi et de modernisation a donc continué. Et que penseriez vous si, aujourd'hui, la SNCF n'équilibrait pas ses comptes (et même, désormais, fait des bénéfices)? Nous en entendrions parler!!!

Je tiens d'ailleurs, à ce point de mon exposé, vous donner le lien qui va vous renvoyer sur le site de la SNCF qui répond aux fameuses idioties qui circulent sur la SNCF en ce moment (vous avez peut-être reçu ce fameux mail qui dénigre mon entreprise): Cliquez pour découvrir

Donc, ce déficit démographique existe, mais il existera même si notre régime spécial est réformé. PIRE: la véritable conséquence sera que le déficit du régime de la SNCF sera transféré sur les comptes du régime de droit commun et qu'il ne sera plus supporté par l'Etat.

Il est à noter qu'un récent rapport du "Conseil d'Orientation des Retraites" sur les régimes spéciaux estime que le notre va retrouver son équilibre vers 2015/2020, le nombre de retraités actuels diminuant.

Pour terminer, je peux vous affirmer qu'aucun de mes collègues et moi même n'allons faire grève de gaîté de cœur. C'est toujours un gâchis et une grosse perte d'argent. Je veux d'ailleurs en profiter pour affirmer haut et fort qu'AUCUN JOUR DE GREVE NE NOUS A JAMAIS ETE PAYE.

Par contre si cette réforme consistait à supprimer un avantage évident, net, avéré et marqué en notre faveur, si une réforme globale était envisagée (les sénateurs, députés et autres), si cela correspondait à un effort de solidarité nationale, alors oui, la réforme nous l'accepterions, je l'accepterais.
Mais pourquoi la réforme ne touche t'elle pas:
- nos élus ?
- les stocks options (qui vont être royalement taxées à 2,5% pour le salarié) ?
- les parachutes dorés des grands dirigeants?

Pourquoi ne dit-on pas à la population que 70% des déficits proviennent des caisses des agriculteurs qui perçoivent une retraite alors qu'ils n'ont jamais, ou très peu, cotisé? (ceci dit, la solidarité ne me dérange pas, mais qu’on ne vienne pas nous désigner à la vindicte populaire)

Pourquoi Sarkozy s'augmente-t-il de 172% en s'alignant "par le haut" sur ses homologues étranger et sur le 1er ministre alors que les ouvriers doivent être alignés "par le bas"?

Bref, vous l'aurez compris, la réforme de notre régime ne s'impose pas, il sert de bouc émissaire au gouvernement, et lui sert à dresser des salariés contre d'autres, c'est une revanche contre ces emm... de cheminots. Nous avons une haute idée du service public, de la sécurité, de la ponctualité, ceux qui sont venu avec moi en ligne ont pu juger. Nous y consacrons notre vie, et aussi, parfois, notre santé.

Ne nous laissons pas dresser les uns contre les autres. Ne nous laissons pas raconter n'importe quoi. Nous sommes tous des ouvriers, des mecs qui bossons, qui n'avons pas des millions d'euros en bourse, qui produisons pourtant les richesses de ce pays.

Alors oui, je vais faire grève, je m'excuse par avant de vous pourrir la vie pendant quelques jours, mais cette lutte, j'ai envie de la mener, je crois que je dois la mener.

 

Par ressacs - Publié dans : La vie des bêtes racontée aux enfants
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 14 novembre 2007 3 14 /11 /Nov /2007 15:30

POUR ME FINANCER MA PENSION ALIMENTAIRE !!!!!

2f6a1123b5d979928c1eab75eb0bb005.jpg



Hé Ballouhey on t'a reconnu ....

Publié dans : La vie des bêtes racontée aux enfants
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 11 novembre 2007 7 11 /11 /Nov /2007 18:35

559b88677b4dc8ce7baa7ca6d0b97c0e.jpg


Avec les poètes Jean-Pierre Verheggen, Carl Norac, Dominique Sampiero, Jean Portante, Jacques Darras, Franck Venaille, Gilles Defacque, David Giannoni, Vincent Tholomé, Martin Bakero, Damien Spleeters, Guy Goffette, Benno Barnard, Charles Pennequin, Gwenaëlle Stubbe, Laurence Vielle, Patrice Delbourg, William Cliff, Martin Bakero, etc.

Avec les interprètes Jacques Bonnaffé, Guillaume Durieux, le groupe Znyk

Imaginée et mise en espace par Claude Guerre

Peut-on parler d’une "école du Nord" comme on l’a fait pour les peintres?
Chaque soir, une performance poétique avec les poètes présents, une traversée d’un univers poétique avec le groupe Znyk (la poésie symboliste, la poésie féminine belge), la rencontre avec les jeunes écritures (les poètes des éditions Maëlstrom, Laurence Vielle, Gwenaëlle Stubbe) ou la parole donnée à un auteur (performance de Charles Pennequin, lecture de La Descente de L’Escaut par Franck Venaille).

PROGRAMME
Du 22 novembre au 21 décembre 2007
Du mercredi au samedi à 19 h


Jeudi 22 novembre
Frites l’amour pas la guerre ! La Vénus de Milou
Joute verbale d’après Scutenaire
Avec Jean Pierre Verheggen et Patrice Delbourg

Vendredi 23 novembre
Le lointain est une beauté de l'espace singulière aux plaines du Nord Avec Jacques Darras

Samedi 24 novembre
La mémoire de la baleine. Avec Jean Portante

Mercredi 28 novembre
Point de vue de la Sibérie. Avec Guy Gofette

Jeudi 29 novembre
Salut Marxus. Avec Gwenaëlle Stubbe

Vendredi 30 novembre
Un voyage initiatique autour de La Descente de l’Escaut, le poème fleuve du fleuve de toutes les terres et de toutes les langues. Avec Franck Venaille

Samedi 1er décembre
Le Trésor des Humbles
Les symbolistes belges, Maeterlinck, Van Leberghe, et Émile Verhaeren par le Groupe Znyk

Mercredi 5 décembre
Quelques lumières du Nord et ombres d’encre noire. Avec Carl Norac, belge par son absence

Jeudi 6 décembre
Immense Existence. Avec William Cliff

Vendredi 7 décembre
Les roses envolées dans le vent à la mer s’en sont allées
Desbordes-Valmore, Liliane Wouters, Marie-Clothilde Roose par le Groupe Znyk


Samedi 8 décembre
Carnet d’un buveur de ciel. Avec Dominique Sampiero et Guillaume Durieux

Mercredi 12 décembre
La Troupe Poétique Nomade de Maelström. Avec David Giannoni, Vincent Tholomé, Martin Bakero, Damien Spleeters

Jeudi 13 décembre
Le présent est inguérissable. Avec Charles Pennequin

Vendredi 14 décembre
Chant d’amour au marché de Wazemmes. Avec Gilles Defacque, clown poétique

Samedi 15 décembre
Clous au cœur et soupe aux clous ! Ghelderode, Plisnier, Norge par le Groupe Znyk

Mercredi 19 décembre
Chroniqueuse de la très grande lenteur. Laurence Vielle et quelques textes du poète Ernst Moerman

Jeudi 20 décembre
Le Nord me brûle ! Le poète flamand Benno Barnard est reçu par Jacques Darras, en compagnie de Passaporta de Bruxelles.

Vendredi 21 décembre
Les Premières Retrouvailles Internationales du Risquons-tout
Performance de Guillaume Durieux, le peintre Elie Mirdain, Jacques Bonnaffé. Au Risquons-tout, poste frontière tourquennois entre la France et la Belgique, Flamands, Wallons et Cht'i se donnent rendez vous avec leurs accessoires pour dresser un état des lieux des conflits linguistiques qui se mènent par là haut.

Maison de la Poésie Paris
Passage Molière 157, rue Saint-Martin 75003 Paris Métro Rambuteau – Les Halles

Renseignements et location :
01 44 54 53 00 (du mardi au samedi de 14h à 18h)

POUR CONSULTER LE SITE DE LA MAISON DE LA POESIE

Cliquez ici


c6fe7196187e422336dbdf9c9a6ff683.jpg

Publié dans : De la poésie au quotidien
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Samedi 10 novembre 2007 6 10 /11 /Nov /2007 18:50

 

 

C’est chez un bouquiniste du marché Vernaison, aux puces, que j'ai trouvé, non sans mal, L'illustration de 1917 au complet. Un pavé de l'année entière, relié en deux volumes de cinq kilos chacun. J'ai feuilleté avant de l'acheter pour savoir si tous les folios étaient présents. Rien n'est plus stupide qu'un livre auquel il manque des pages. Juin, juillet, 14, 21, 28.
-Oui, ça y est !
J'aurais presque hurlé de joie. Je venais de découvrir le plan de l’île au trésor, le manuscrit de la mer morte, le secret de notre existence. Ce que j’avais compris par intuition était révélé là, noir sur blanc. Je savais qu’il me conduirait, là où je voulais aller. Plus de dix ans que je grattais dans les sédimentations de l’histoire familiale. Bien que j’en ignorais l’existence avant de rencontrer Tantine je sentais que le nœud Gordien était là. À peine imaginable un tel moment. J'ai failli sauter au cou du bouquiniste, qui me regardait comme si j'étais sérieusement atteint. Je lui ai ouvert les pages sous le nez...
-Regardez, c'est mon grand-père !
Je lui ai donné un cours d'histoire. Ce tout petit bonhomme avec des grosses moustaches et une rangée de médailles était un héros national. Je le savais, depuis que la mère me l'avait dit, mais je n'en avais jamais eu la preuve. Trop petit, et pas assez gaillard. Il s'était engagé contre l'avis de réforme. Ils n'ont pas pu faire autrement que de l'incorporer. Il leur aurait démonté le bureau de recrutement. Venu de lui-même, sur son cheval, pour demander à participer à la grande boucherie. Les Boches n'avaient qu'à bien se tenir. La fleur au fusil, il allait leur faire passer l'envie d'essuyer leurs bottes sur les tendres pelouses hexagonales. Il en était revenu, plus vraiment le même. Probablement avec le regard halluciné des survivants, comme le montrent les documentaires de l'époque.

b88b7c067bbe4b9a8ed5eb60aa3fcc05.gif

Il avait collectionné la bimbeloterie pour sa témérité, son mépris du danger, sa férocité au combat. « Volontaire pour toutes les missions dangereuses. Terrasse trois soldats ennemis pour délivrer son officier prisonnier. Blessé au front, sommairement soigné, refuse d'être évacué à l'arrière, continue à lancer ses grenades dans les tranchées ennemies », mais les commentaires du journal n’avaient pas recopié toute la littérature du livret militaire. Elle s'étale sur deux pages. Le général manchot, Gouraud en personne, lui remettait la Légion d'honneur. On aurait dû la lui avoir remis depuis longtemps, s'il avait tout de suite accepté de passer au grade de sergent. Simple caporal-chef, il n'avait pas besoin de payer sa gamelle. Devenir sergent l'obligeait à débourser pour se nourrir. Avec son sacré bon sens paysan, il disait:
-Je veux bien aller à l'abattoir, mais pas amener ma ration de foin !
Aussi, lui a-t-on accordé une dérogation. Il n'aurait pas à payer sa gamelle, s'il acceptait le grade de sergent. Tenir tête aux galonnés, à une époque où on finissait plus rapidement au peloton qu'en croisière, relève soit de l'inconscience, soit du caractère.
Sur la photo, il sert la louche gauche de Gouraud. Un drôle de lascar le général. Parfois, dans quelques archives cinématographiques, on voit la silhouette claudicante de l'homme aux feuilles de chêne. Inaugurant une réalisation coloniale ou promettant lors d'un des ses voyages que la France n'abandonnera pas la population locale au massacre programmé par le dictateur en place. L'histoire leur a cruellement prouvé le contraire. Mais, je suis pas en train de faire une biographie du manchot, seule l'histoire demeurée silencieuse du petit sergent sur la photo, m'intéresse. Parce qu’elle me concerne en premier chef malgré tant d’années. Maintenant je comprenais mieux, la Mère et toute la famille. Un gène méchamment furieux nous a atteints au plus profond.
En temps que petit-fils de légionnaire, au lieu d'aller frotter mon cul sur les bancs de l'Assistance publique, j'aurais eu droit aux « Enfants de troupes ». Quoique, à bien y réfléchir, avec le recul et mon manque d'entrain pour la chose martiale, je m'en suis sorti bien mieux en ayant fréquenté les pouilleux, qu'en ayant subi le devoir militaire. Ce n'est guère compatible avec l'esprit artistique.
A cause du tirage entre lui et la Mère je n'avais jamais vu cet homme. Elle avait toujours prétendu que ce n'était qu'un salop, qui avait chassé le père de son premier enfant à coups de fourche. Comme la Mère affirmait que mon géniteur n’était qu’un fou, j'ai donc relativisé. Je n'ai jamais eu par qui que ce soit, confirmation de son diagnostic. Ce que j'ai connu du Père n'a pas corroboré ses dires. Mais pas question de démordre de son idée.
Le grand-père n'était pas revenu intact, ni physiquement, ni moralement de ce foutoir. Blessé par trois fois, comme cela est précisé sur son livret. Se jetant dans tous les coups durs, il n'a pas loupé une bataille. En dehors de celle du journal, j'ai vu d'autres photos de lui que Tantine m’a montrées. Petit et bedonnant, les reins entourés d'une ceinture de flanelle il portait des moustaches blanches. L’oignon en or au gousset, il l’avait gagné pour avoir sauvé la vie à son capitaine blessé, qu’il a ramené sur son dos depuis les lignes ennemis après avoir tué trois allemands.
b79a7331e29e365b51e2d47ab2cf5984.gif

Rien ne pouvait le détourner de sa haine viscérale des Boches. Il suffisait de prononcer le mot, pour le voir changer de couleur. Quand l'adrénaline lâchait son jus, il enfilait la baïonnette et montait à l'assaut.
Lors de la Seconde Guerre, malheureusement trop âgé pour y retourner, il a stocké des armes dans sa cave et instruit la Résistance à leur maniement. Il a aussi renié le maréchal qu'il admirait tant, l’accusant d’avoir vendu le pays à l’ennemi. Selon lui il fallait se battre jusqu’au dernier vivant, et c’est parce qu’on manquait de couilles que les boches avaient gagné.
Tout le temps qu’a duré le conflit, il a brisé de rage les œufs de ses poules pour en empêcher leur réquisition. Il haïssait tant ces fumiers de Boches, que sa fille a failli en crever de trop leur ressembler. Blonde au yeux bleus, elle ressemblait trop à une saleté de Boche. Il pensait bien sérieusement que sa femme, c'est sûr, l'avait trompé en son absence. Malheureusement, il n'avait pas réussi à s'en débarrasser. De lui, elle avait l'instinct de survie. Malgré son empressement à la faire dormir dans le lit de sa jeune sœur phtisique, elle n'a pas attrapé la tuberculose, et a survécu à tous les mauvais traitements. Mais, elle a bien transmis les plans de sa déroute à son petit monde. Lequel, a repassé l'héritage à la génération suivante. Rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme. D'une génération à l'autre, le même schéma s'était reproduit et continuait ses ravages, provoquant son lot de misère affective. La quatrième génération issue de ce chaos, pérennise les mêmes séquelles. Rien que du très joyeux.
Et si l'histoire officielle recense le nombre de disparus, de maisons détruites, de macchabées, d'obus tirés, de tonnes de bombes, de litres d'essence. Toute l'industrie de la guerre est comptabilisée et cela tient sur des registres rangés en bon ordre quelque part dans des kilomètres de rayons d'archives. N'en doutons pas, les comptes sont bien tenus. On n’a jamais considéré les dégâts invisibles qui rongent les survivants et le taux de mortalité par suicide des anciens soldats n'intéressait personne jusqu’au retour de ceux de la guerre du Vietnam.
S’ils reviennent avec l'honneur de porter des médailles, ils sont anéantis par une maladie sur laquelle on a mis un nom, seulement après la défaite des yankee dans les rizières. Des spécialistes illuminés se sont penchés sur la question. Ils ont appelé ça le syndrome post-traumatique.
Mais, face à tous les progrès que nos bonnes guerres nous font franchir, les crises de paranoïa, le délire verbal, les bourdonnements d'oreilles, l'érotomanie, l’alcool et les violences familiales ne sont rien. Tout ça existe à l'état naturel, de façon endémique vous dira n’importe quel spécialiste nucléaire hexagonal au service des usines électriques. C’est aussi sûr que les radiations de Tchernobyl ont contournées les frontières. C'est pas une petite guerre de rien du tout, qui nous amène tant et tant de choses positives, qui peut être responsable de tout ça. Quant au délire verbal et à la paranoïa, ils nous ont donné de sacrées bonnes pages de littérature. En attendant, ça fait bien trois générations qu’on se refile le paquet cadeau pour s’empêcher de vivre.
À son retour de 14-18, le grand père a été le seigneur sur ses terres. Tout le monde voulait recevoir le héros à sa table. Être l'ami de l'homme qui avait défrayé la chronique nationale. Lui voulait vivre, vite et bien, après tous ces temps durs. L’aïeul aimait trousser le jupon et ne s'en privait point. Au grand soulagement de sa femme qui échappait à la corvée. Elle se plaignait qu'il n'en avait jamais assez. Au dire de la Mère, le grand père leur a mené la vie dure. Et je ne demande qu’à la croire après avoir lu sur le sujet, je n’ai pas de mal à imaginer.

Pour en savoir plus sur le 317eme régiment d'infanterie Cliquez ici

Pour écouter Le Voyage au bout de la nuit dit par Michel Simon CLIQUEZ ICI

380c11078a936ec79e34aa57205b6e04.jpg

 

 

Par ressacs
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Présentation

Créer un Blog

Recherche

Derniers Commentaires

Texte Libre

Calendrier

Février 2012
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29        
<< < > >>
 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus