Vendredi 2 novembre 2007 5 02 /11 /Nov /2007 15:10

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Photo: Bénédicte Mercier. Jaipur, Rajasthan.


Depuis une semaine les visites sur le blog de Ressacs se multiplient. Je n'ai jamais fait aucune publicité sur aucun annuaire de recensement, loin s'en faut. Le bouche à oreille fonctionne probablement. Deux cent visiteurs quotidiens et des lecteurs qui reviennent. Certains laissent parfois des commentaires, plutôt encourageants et sympathiques... Je les prends comme tels et les en remercie. Je vais essayer de maintenir la qualité des informations et de l'iconographie, des textes aussi. En continuant à inviter les amis, Akkouche , Anto, Ballouhey, Jégou, et les autres, tous les autres... Et continuer à vous parler de cette littérature qui est souvent bien loin de celle que l'on trouve en pile chez les marchands de papier noirci, mais que l'on découvre encore chez les vrais libraires.
J'ai démarré ce blog au début pour m'amuser et tant que cela m'amusera je continuerai. J'ai diminué le nombre d'articles qui s'affichent sur la première page pour permettre une plus grande rapidité d'affichage, et permettre à ceux qui n'ont pas l'ADSL de pouvoir lire sans problème. Il y a toujours autant de choses... A vous de fouiller dans tout ça et de découvrir, de prendre de laisser, de lire, d'écouter... Bien à vous.

Publié dans : De la poésie au quotidien
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Jeudi 1 novembre 2007 4 01 /11 /Nov /2007 20:25

Alors lieutenant-colonel dans l'US Air Force, Paul Tibbets n'avait que 30 ans lorsqu'il décolla aux commandes de son B-29 avec ses onze membres d'équipage d'une base américaine dans les Iles Mariannes et avec dans la soute, une bombe atomique qu'il larguera sur une ville d'un demi million d'habitants. Certes, c'est une ville de garnison qui compte environ 100 000 soldats mais le reste de la population est constitué de femmes, d'enfants et de personnes âgées, de civils...

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"Si Dante s'était trouvé avec nous dans l'avion, il aurait été terrifié", a-t-il raconté des années plus tard. "La ville que nous avions vu si clairement dans la lumière du jour était maintenant recouverte d'une horrible salissure. Tout avait disparu sous cette effrayante couverture de fumée et de feu", avait-il ajouté. Jamais il n'a manifesté le moindre regret. Comme semble l'indiquer le site officiel de Paul Tibbets

Promu général de brigade en 1959, il avait quitté l'armée en 1966. Il présentait un profil assez proche de celui du pilote de B-29 qui chevauche la bombe atomique avec son chapeau de cow boy dans Docteur Folamour. A croire que Kubrick s'est inspiré de Tibbets... Le bombardier avait été baptisé Enola Gay, du prénom de sa mère.

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Il est mort ce jour...

Publié dans : La vie des bêtes racontée aux enfants
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Jeudi 1 novembre 2007 4 01 /11 /Nov /2007 15:25

Quelle différences physiques existe-t-il entre le dernier ouvrage de Marc Levy et le dernier Thomas Pinchon ? Aucune : tous les deux sont des romans, papier, encre, colle, fil à coudre sont en tout points identiques.
La seule différence se situerait dans le contenu... Dans le ratio nombre de signes/prix... L’un coûtant plus cher que l’autre au nombre de signes... Comparé à Pinchon, Lévy vaut son pesant d’or...

S’il existe bien une différence fondamentale entre les deux produits c’est la vitesse à laquelle le premier se vend, et celle à laquelle se diffuse lentement dans le public le second... Est-ce donc cela qui produit une telle différence de prix ?
On l’a vu le temps de "distillation" dans le public pour un ouvrage de recherche littéraire ou un manga est totalement différent. Quelques jours pour l’un et plusieurs années parfois pour l’autre. Or un ouvrage qui n’est pas devenu un « classique » ne peut pas être proposé à la vente en librairie sur plusieurs années, parce que tous les ouvrages n’ont pas vocation à perdurer.
En effet ; un livre produit dans des conditions précaire qui rentre dans le système de diffusion-distribution en rotation rapide n’a que très peu de chance de trouver son public dans le laps de temps nécessaire à sa survie, s’il n’est pas accompagné de la machine de guerre que seuls les gros producteurs peuvent assumer.
La durée de vie d’un quotidien est moins longue que celle d’une salade sur le marché… Une salade, qui n’a pas été vendue le jeudi, peut être proposé à la vente le vendredi. Essayez de vendre votre quotidien le lendemain de son jour de parution… Vous risquez de recevoir en retour une tomate en pleine poire.

Diffusion lente et pertinence des contenus

Croire que des produits qui ont la même forme ont le même contenu, et qu’ils doivent avoir la même rentabilité en s’écoulant à la même vitesse via un processus identique sur un même et unique marché est une aberration. La même pression de rentabilité immédiate sur tous les types d'ouvrages ne peut conduire qu'à condamner d’avance un ouvrage à rotation lente à cause de la rapidité du flux dans lequel il rentre...
Certains petits éditeurs qui ont changé de système de diffusion ou de diffuseur ou ont vu leur taux de retour grimper en flèche ou leurs ventes s’effondrer.

« Nous traversons en effet une tempête sans précédent, dont nous craignons fort qu'elle nous soit fatale : après notre changement de distributeur à l'automne, nous avons été contraints l'hiver dernier de renoncer aux activités de l'imprimerie et, comble de malchance, nous enregistrons chez notre nouveau distributeur CDE/SODIS un taux de retour record, auquel notre petite économie ne saurait survivre bien longtemps ».
Georges Monti : éditions Le temps qu’il fait

Parce que tout le monde ne sait pas vendre le même livre…

S’il est des individus qui savent vendre du papier noirci, d’autres auront besoin d’un contenu pertinent pour pouvoir vendre un ouvrage... Et c’est là que commence la différence… Et c’est là aussi que tout se complique.
Pour qu’un ouvrage ait une chance de trouver son public dans un réseau à diffusion lente, il est nécessaire que dans la chaîne du livre : le projet éditorial soit non seulement porté par l’éditeur, -parfois aussi par l’imprimeur quand il s’agit de livre avec une qualité d’impression exceptionnelle-, mais aussi par le diffuseur, le commercial du diffuseur, le libraire, et afin que la promotion soit réussie…. Il faut aussi avoir de la presse, pour devenir visible et bénéficier de la mécanique d’entraînement du système.
Cela fait beaucoup d’ingrédients à malaxer pour des entreprises, bien souvent microscopiques et sans réel capital pour soutenir l’ensemble... Malgré que ces ouvrages manquent de machine promotionnelle et malgré cette preuve irréfutable d’improbabilité mathématique de réussite, cela réussi plus souvent que cela ne le devrait. Car des libraires militants font ce travail de biodiversité culturel en pratiquant la polyculture du livre. Cela est l’effet. Mais la cause qu’en est-elle ?
Proviendrait-elle du comportement du lecteur… Ce « consommateur-intelligent » (oxymore s’il en est) que les modèles de la mercatique semblent bien incapables de cerner. En effet plus le lecteur lit, plus il devient exigent et moins il répond aux autres modèles existants de la mercatique. A-t-on vu un acheteur de cuisse de poulets en barquette (hors période de stress audiovisuel dû à la grippe aviaire) remettre en cause le contenu du paquet et s’en détourner…
Pourtant ce comportement si étrange se produit dans le commerce du livre. Les consommateurs de papier noircis se détournent des étales du commerce de gros du livre, pour baguenauder vers les échoppes des flibustiers de la cellulose bien moins agencées… C’est quasiment incompréhensible pour la logique de la mercatique voire un crime de lèse majesté …
Ai vu au salon du livre une blonde tout de rose habillé, racolant debout devant le stand d’un grand distributeur comme une dame de petite vertu tenant son bouquin au titre évocateur Y a pas de mâle et je n’invente rien… La pauvre ai-je pensé… Si le contenu avait de la pertinence, aurait-elle besoin d’en arriver là… Suis repassé un quart d’heure au même endroit, elle avait réintégré sa cage pour mon grand malheur visuel car sa plastique plus que sa plume avait de quoi attirer mon œil…

Dans notre époque contemporaine il semble bien que ce ne soit plus sur le terrain du style littéraire que se fera la réputation d’un livre mais, sur son aspect sulfureux. Quel scandale y a t’il à vendre entre les lignes pour que les télévisions en parle ? De la drogue, du pervers, de la coucherie, du crime, du sadisme, du racisme ? Quel mironton ragoûtant pour appâter?

Ne pas confondre fond de passion et fonds de pension

On a vu par le passé des Lindon, Losfeld, Pauvert, Maspéro, Morel défendre le style d’auteurs inconnus dans lesquels seulement eux croyaient. Ils prenaient leurs risques en solitaire. C’était avec leur argent qu’ils jouaient. Après tout, libre à eux de se faire congédier par leur conseil d’administration ou de laisser des drapeaux à leur imprimeur.
Mais maintenant qu’en est-il ?
Un directeur littéraire oserait-il encore prendre une décision contre un comité de lecture pour imposer un auteur. Il ne peut que se réfugier derrière une décision collégiale, consensuelle et molle. Imaginez que l’homme fasse fi du comité de lecture et décide que cet auteur-là précisément est intéressant. Je ne donne pas cher de sa peau en cas de bide. Que diraient les commissaires aux comptes des fonds de pension qui attendent leur marge de 20% net après impôts. C’est la limite du système. Ce n’est, la responsabilité de personne, la faute à personne, à peine s’il y a un pilote dans l’avion qui décide quel cap littéraire maintenir.
Je voudrais pour donner à comprendre le phénomène cette lettre de Christian Grenier révélatrice du malaise...

Autrefois, les éditeurs prenaient des risques. Ils publiaient parfois des textes en confiant à l’auteur : "Votre roman a peu de chances de se vendre." Ou encore : " Les commerciaux n’y croient pas." Ou encore : "Les représentants ne feront pas la promotion d’un tel ouvrage. Mais tant pis ! Nous aimons beaucoup ce récit et nous le publions. On verra bien !" De façon inattendue, le succès était au rendez-vous, preuve que le goût des lecteurs est heureusement imprévisible.
Qui aurait cru, il y a trente ans, dans l’avenir de romans comme La guerre des poireaux ? Ou, il y a quinze ans, dans celui de Coups de théâtre ou du Pianiste sans visage ("La musique classique ! Pour des jeunes !") ?
Christian Grenier ( Niouze Letter numéro 18 - avril 2007 )


Si par le passé le métier d’éditeur était animé par un fond de passion, Lindon, Losfeld, Morel, pour ne citer qu’eux, les autres me pardonneront sûrement, car l’exemple choisi ici ne concerne que des disparus, ce qui est bien pratique convenons en... Ils publiaient non pas en économiste, mais en lettré averti. Y compris contre l’avis du comité de lecture... En ces jours contemporains, retranché derrière un consensus mou quel directeur éditorial oserait, imposer contre l’avis du comité -rempart et garde fou pour décisions intempestives- un manuscrit controversé ?
Quel homme oserait s’affranchir du diktat des chiffres ? Qui serait assez fou pour oser affirmer à un conseil d’administration que bien que tel livre ne sera rentable que dans dix ans, il sera publié...
Pourtant c’est avec cette méthode que les manuscrits qui restent les chefs d’oeuvre de notre littérature ont été imposés... Un couple infernal parfois que celui d’auteur éditeur, mais si productif. Et d’un consensus mou, peut-il jaillir le génie ?
Que peut faire une oeuvre forte et controversée dans un comité de lecture dont la décision doit être majoritaire pour l’emporter. Quels directeurs seraient assez fou pour assumer contre une décision négative la publication d’un texte qui leur paraîtrait essentiel... Aucun n’oserait jouer son poste sur un coup de poker...
Normal, ils ne jouent pas avec leurs bourses, mais avec celles des pensionnés...
Le fond de pension est entre temps, passé par là...
Il faut des bons livres qui plaisent au public et qui se vendent... Puisque la recette existe dans les autres industries, appliquons-la, au livre... Rien de plus facile à dire... Rien de plus compliqué à faire. On peut toujours trouver un homme docile, tel soldat qui le petit doigt sur la couture obéira aux directives de l’actionnaire principal, le ci-dessous dénommé fond de pension. Mais quel auteur et quel directeur littéraire est en mesure de trouver la potion magique d’un Harry Potter.

Aujourd’hui, peu d’éditeurs se lancent dans l’inconnu. Il y a quelque temps, face à la vente décevante de certains de mes romans de SF, une jeune directrice littéraire m’a déclaré : "Pourquoi n’écrivez-vous pas des histoires de sorcières ? De monstres ou de dragons ? Il suffit que l’un de ces mots figure sur le titre de l’ouvrage pour que les ventes décollent !"
.../...
Christian Grenier ( Niouze Letter numéro 18 - avril 2007 )



Mais produire du livre pour le plus grand nombre, c’est réduire la pertinence du contenu, le plus grand dénominateur commun devient alors un facteur de destruction de pertinence...
Quel intérêt à mettre sur le marché grand public un ouvrage qui concerne les phases opératoires de l’arthrose à un stade avancé de la main. Or rien n’existe pas plus pertinent comme contenu pour le chirurgien qui sera concerné par ce type d’opération.
Passons pour notre démonstration au livre de recettes de pâtes, qui à plus de chance de convenir à un plus large public, puisque nous sommes entre bon père de famille nous en conviendrons aisément. Las... trois fois... les recettes Al dante, à la minestrone ; etc.
On les trouve sans se déplacer en cliquant sur un site de cuisine renommé et sans y laisser un kopeck... Où se situela pertinence dans ce cas présent, de publier un ouvrage -dont le contenu certes alléchant- pourra intéresser la ménagère de moins de cinquante ans, qui aura un nid à poussière supplémentaire sur ses étagères.
C’est bien le livre sur la cuisine des nouilles qui n’est pas pertinent, alors que l’ouvrage sur la chirurgie, lui, l’est probablement bien plus... Bien que son contenu puisse se retrouver sous sa forme dématérialisée sur le net. Et c’est le livre de la cuisine des nouilles qui se vendra... pourtant là où on publiait des ouvrages les yeux fermés en attendant que l’ouvrage trouve sa voie dans le public, il faut maintenant du produit standard, par la forme et par le fond.

Il y a trente-cinq ans, la plupart de mes manuscrits étaient publiés sans qu’on y change une virgule ! .../...

Mais voilà, depuis quelques années, tout particulièrement dans le domaine jeunesse, les demandes de modifications semblent de plus en plus importantes, comme s’il s’agissait de proposer un récit "sur mesure". Un temps, je me suis remis en cause : après tout, me disais-je, c’est probablement ta qualité littéraire qui baisse ! Sans doute écrivais-tu mieux autrefois !
Et puis (faut-il s’en rassurer ?), je me suis aperçu que la pratique devenait plus que courante : elle se généralisait !
Christian Grenier ( Niouze Letter numéro 18 - avril 2007 )


Tout système génère ses aberrations qui conduisent le système à se modifier ou à s’autodétruire par sclérose s’il n’est plus en état de se régénérer. Il me semble que nous sommes dans une aberration système. Les données correctives de ce système ont commencé à se faire sentir... le chiffre des ventes, maintenu artificiellement par une prolifération de titres, a commencé à chuter de 2% cette année. De combien sera la baisse l’an prochain et celle de l’année suivante.
Les petits éditeurs aux infrastructures très dynamiques et totalement adaptables aux terrains chaotiques en payeront-ils le prix le plus élevé ? Rien n’est moins sûr...
Il m’est souvenir que dans des temps certes anciens nous osions publier des opuscules en ronéo et avions l’outrecuidance de les placer en librairie, et comble de désespoir pour tous les statisticiens de la mercatique, ils se vendaient. Certes lentement, certes à un public fort averti, mais là n’est pas le propos... Les libraires les acceptaient... Oserions-nous imaginer cela aujourd’hui dans un marché où les produits se sont multipliés et où les points de ventes indépendants se réduisent au même rythme que la banquise...

Publié dans : De la prétention littéraire
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Mercredi 31 octobre 2007 3 31 /10 /Oct /2007 23:04

Le premier moteur

de recherche solidaire!



Permettez-moi de vous conseiller de remplacer vos recherches quotidiennes sur Google, dont la marge de 28% n'alimente que ses propres profits, en cliquant sur le site suivant :

http://www.veosearch.com/


Non seulement vos recherches sont aussi efficaces et rapides mais encore la marge dégagée par chacune est reversée à des associations humanitaires.
Ne vous laissez pas décourager par les chiffres encore très modestes affichés sur la page d'accueil, ce site a été lancé il n'y a que qqs jours et n'est pour l'instant visité que par les relations des fondateurs. Si cela prend de l'ampleur, notamment grâce à vous, l'aide pourrait être immense. N'hésitez pas à faire passer l'information autour de vous.

Publié dans : La vie des bêtes racontée aux enfants
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Mercredi 31 octobre 2007 3 31 /10 /Oct /2007 17:32

Gab's vient encore de sévir aux éditions de la F.A.... alias La France Agricole, un journal hautement transgénique qui vient de publier son dernier recueil...
C'est vous dire la dangerosité de cet homme...
Bon débridage de zygomatiques, donc....

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Publié dans : Cherchez pas c'est de l'art.....
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Mercredi 31 octobre 2007 3 31 /10 /Oct /2007 17:30

WASHINGTON (AFP)

Un responsable démocrate au Congrès a demandé mardi des explications à la secrétaire d'Etat Condoleezza Rice sur l'immunité accordée par des enquêteurs du département d'Etat à des agents de la compagnie de sécurité privée Blackwater, impliqués dans la mort de 17 Irakiens.
Selon le Washington Post, les agents de la police fédérale (FBI) qui sont chargés depuis le mois d'octobre de l'enquête sur la fusillade du 16 septembre ne peuvent pas utiliser les témoignages recueillis préalablement par le bureau de la sécurité diplomatique du département d'Etat parce qu'ils ont été effectués sous couvert d'immunité.
Certains gardes de Blackwater ont refusé de répondre aux enquêteurs du FBI en raison de cette immunité, écrit le journal.
Dans un communiqué, le sénateur démocrate Joseph Biden, qui préside la commission des Affaires étrangères, demande à Mme Rice si ces informations de presse sont "exactes", "si c'est le cas, qui a donné l'autorisation d'accorder l'immunité" et enfin s'il y a eu "consultation avec le département de la Justice avant que l'immunité soit accordée" aux agents de Blackwater.
"Le département de la Justice et le FBI ne peuvent pas commenter de faits concernant le cas Blackwater, qui fait l'objet d'une enquête en cours. Cependant, toute assertion suggérant que les employés de Blackwater en cause se sont vu accorder l'immunité contre des poursuites de la justice pénale fédérale est inexacte", a réagi le porte-parole du département de la Justice, Dean Boyd, dans un communiqué.
Le porte-parole du département d'Etat, Sean McCormack, avait auparavant refusé de confirmer ces informations, invoquant lui aussi l'enquête en cours. Il a cependant noté que légalement, son ministère ne peut accorder à ses employés qu'une "immunité limitée".
"Le département d'Etat ne peut pas immuniser un individu contre des poursuites de la justice pénale fédérale", a-t-il précisé. "En outre, l'+immunité+ que la presse a évoquée n'est nullement incompatible avec le succès de poursuites pénales".
M. McCormack s'est efforcé de tenir Mme Rice à distance de la polémique.
"L'attitude de Mme Rice est que si des individus ont violé des règles, des lois ou des réglementations, ils doivent être poursuivis", a-t-il déclaré. "Et çà, ce sera au département de la Justice de le décider".
"Son attitude à elle après cet incident a été conforme à cette approche", a ajouté le porte-parole. "C'est elle qui a demandé au FBI de mener l'enquête".
A l'issue d'un déjeuner entre Mme Rice et son collègue de la Défense, Robert Gates, le porte-parole du Pentagone, Geoff Morrell, a indiqué que l'armée américaine allait coordonner à l'avenir les mouvements des groupes privés de sécurité en Irak, une décision prise d'un "commun accord" avec le département d'Etat.
Le 16 septembre, 17 civils ont été tués à Bagdad au passage d'un convoi de Blackwater dont les gardes ont été accusés de "crime délibéré" par les autorités irakiennes.
Le patron de Blackwater, Erik Prince, affirme quant à lui que ses employés ont été la cible de tirs et qu'ils n'ont fait que répliquer.
Ses agents ne peuvent être jugés par des tribunaux militaires américains et il n'est pas établi s'ils peuvent être jugés aux Etats-Unis pour des crimes commis à l'étranger.
Le Congrès américain envisage cependant une nouvelle loi qui permettrait de le faire. En outre, des familles de victimes irakiennes de la fusillade du 16 septembre ont porté plainte en octobre aux Etats-Unis, réclamant des explications et des dédommagements.
"Cette immunité, quelle qu'elle soit, n'empêchera pas le procès au civil que nous avons intenté à Blackwater", ont souligné mardi les avocats des victimes dans un communiqué.

Publié dans : l'ami qui vous veut du bien
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Mercredi 31 octobre 2007 3 31 /10 /Oct /2007 17:00

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Publié dans : Petit traité de médecine à l'usage des rustres
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Mardi 30 octobre 2007 2 30 /10 /Oct /2007 19:05

par Guy Kastler,

membre de la Confédération Paysanne, représentant des Amis de la Terre au Grenelle de l’Environnement

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UN NOUVEAU PLAN MARSHALL POUR UNE NOUVELLE CROISSANCE

C’est ainsi que l’européen Barroso, l’américain Al Gore et le français Sarkozy ont tous trois conclu le 25 octobre au château de l’Elysée la première étape du Grenelle de l’Environnement.
Après les millions de morts de deux guerres qui ont financé l’essor des industries de l’acier et de la chimie, il n’était plus possible en 1945 de relancer l’économie en demandant au peuple de se saigner à nouveau pour la patrie. Le Pacte National de la Résistance passé entre gaullistes et communistes invente alors un modèle fordiste à la française qui accompagnera les Trente Glorieuses : alimenter la croissance par la redistribution du pouvoir d’achat financé à l’abri de barrières tarifaires aux frontières par le pillage des ressources coloniales, obtenir l’adhésion populaire par un pacte à trois où l’Etat arbitre entre l’industrie qui s’installe au pouvoir pour définir la politique économique et les syndicats qui restent maîtres de la rue pour définir la redistribution sociale : le Grenelle de 1968 appliquera à merveille les règles de ce pacte pour sortir de la première crise culturelle de l’ère post-industrielle en la réduisant à une simple crise sociale. Le Plan Marshall, prêt massif qui permet au principal bailleur, les USA, de dicter des accords bilatéraux favorables à ses propres intérêts économiques, finance les investissements nécessaires.
Après avoir laissé la social-démocratie détruire le pilier communiste de ce pacte, Nicolas Sarkozy s’est chargé d’évincer le piler gaulliste pour s’attaquer à ses principes intouchables : libertés fondamentales, droit de grève, droits sociaux financés par les revenus du travail, minima sociaux financés par l’Etat… Avec le Grenelle, il tente un nouveau pacte. Dans une économie mondialisée où spéculation financière, maîtrise des technologies et brevets relaient l’exploitation directe du travail, il ne peut plus acheter la paix sociale par la redistribution intérieure de quelques miettes issues du pillage colonial. Il doit inventer un nouvel objectif de mobilisation sociale. La chasse à l’immigré, version française de l’axe du mal inventé par Busch au profit du complexe militaro pétrolier, lui a certes permis d’éliminer le Front National, mais n’obtient pas en France une adhésion suffisante pour relancer la croissance par une économie de guerre. Al Gore et Barroso lui proposent une nouvelle croisade : la lutte contre le réchauffement climatique, ennemi suffisamment flou pour être à la portée des seuls experts qui diront aux peuples ce qu’il doivent faire. Après les dictatures « sociales » et le droit d’ingérence humanitaire du siècle dernier, la peur du réchauffement pourrait bien appeler de nouvelles dictatures et droit d’ingérence écologiques.
Pour arracher la fidélité du vote écologique à la social-démocratie, Nicolas Sarkozy élargit la version française du réchauffement climatique à l’environnement. Et pour courtiser les pouvoirs locaux, il va chercher un cinquième partenaire qui lui permet de proposer un nouveau pacte institutionnel français où le gouvernement arbitre entre d’une part l’industrie qui dicte ses lois économiques et d’autre part les ONG (pour plupart financées par l’industrie ou l’Etat) et les collectivités territoriales qui rejoignent les syndicats bien trop affaiblis pour emporter seuls l’adhésion sociale. Nicolas Hulot étant chargé d’apporter le soutien des médias. Cette adhésion est d’autant plus indispensable que l’effort d’investissement nécessaire à cette nouvelle croissance écologique sera demandé pour l’essentiel aux citoyens et aux contribuables locaux, l’Etat ne mettra pas un centime, « les prélèvements du Grenelle iront au financement du Grenelle ». De nouvelles normes et taxes « écologiques » aux frontières complèteront en remplaçant les anciennes barrières tarifaires supprimées par l’économie mondialisée.
Les résultats du Grenelle de l’environnement sont une merveilleuse illustration de ce nouveau pacte. Quelques exemples à chaud :
- la relance du bâtiment sera financée pour l’Etat par l’emprunt (« rentabilisé en dix ans »), les HLM et par les particuliers : ceux qui ne pourront pas payer les nouveaux loyers ni emprunter iront habiter dans la rue, le DAL a de l’avenir,
- la poursuite des grands travaux d’équipement (TGV, ports, canaux... à la place des routes) profitera d’une une taxe sur les camions étrangers,
- la relance de l’industrie automobile et des appareils ménagers propres » sera financée par les consommateurs incités par de nouvelles taxes ou interdiction,
- les incantations au développement des énergies renouvelables ne menaceront pas le nucléaire
- on augmente encore le financement public massif d’une recherche aguillé par le brevet vers les seules technologies industrielles
- on ne « remet pas en cause les engagements pris » pour subventionner abusivement aux frais du contribuable les agro carburants de première génération qui augmentent le réchauffement climatique, affament les pays pauvres et accélèrent l’élimination des agricultures paysannes,
- le développement de la filière biologique ne doit pas toucher à la PAC qui favorise les pratiques agricoles néfastes à l’environnement. Il sera ainsi alimenté d’abord par les importations de produits bio venant de pays moins disant socialement ou qui soutiennent mieux leurs producteurs bio. Les paysans bio français se contenteront d’un doublement du tout petit crédit d’impôt et les collectivités territoriales d’une révision des règles des marchés publics pour y intégrer les critères de proximité et de saisonnalité, modestes concessions destinées à leur faire avaler l’absence d’aides PAC et leur mise sous contrôle du lobby des Chambres d’Agriculture. Pendant ce temps, le Ministère de l’Agriculture peaufine son projet de généralisation de la certification de l’utilisation réglementairement durable des polluants agricoles, certification qui éliminera tous les petits paysans diversifiées et les pratiques agricoles les plus favorables à l’environnement mais non conformes aux règles sanitaires dictées par l’industrie. Des taxes sur les produits importés de pays moins disant écologiquement (règles de production et transport) viendront protéger ces exploitations certifiées en remplacement de l’ancienne préférence communautaire,
- le plan de retrait de 30 molécules « préoccupantes » en 2008 (celles qui ne sont plus utilisées), 10 en 2010 et les dix dernières sans engagement de date était déjà acquis avant le Grenelle, et est un recul sur les accords obtenus dans les groupes de travail. En contre partie la FNSEA accepte de diminuer de 50% l’utilisation des pesticides en dix ans, « si possible », c-à-d une fois que les firmes proposeront de nouveaux produits pour remplacer ceux dont le brevet est épuisé,
- malgré les engagements de transparences, les secrets industriels restera protégé et l’évaluation des nanotechnologie est reportée à plus tard,
- au prétexte de montrer du doigt un ou deux industriels aux fautes trop visibles, la nouvelle philosophie de la responsabilité culpabilisera les comportements individuels des citoyens ou des producteurs en début de chaîne (paquet hygiène)
- …
Que penser dans ce contexte des « doutes sur le contrôle des disséminations et l’intérêt des OGM pesticides » dont les cultures commerciales sont « suspendus » jusqu’aux « conclusions d’une expertise à conduire par une nouvelle instance qui sera crée avant la fin de l’année » ?
Alors que le commissaire européen à l’environnement s’apprête à interdire la culture de nouveaux maïs Bt au vu de nouvelles études mettant en cause leur innocuité pour l’environnement, cette suspension pourrait bien conduire à une absence de toute culture commerciale en France en 2008. Elle a ainsi l’avantage de rendre la monnaie aux ONG environnementales et aux syndicats de petits paysans qui en avaient fait leur principal cheval de bataille, tout en expliquant à la FNSEA, qui a chauffé ses trous à blanc pour défendre les OGM, que c’est la faute à Bruxelles.
L’industrie semencière a de son côté déjà préparé cette concession à l’absence d’adhésion de la population européenne aux OGM. Au moment même où le mot biodiversité était affiché à chaque réunion du Grenelle, le sénat français leur permet de se passer du brevet en votant une loi interdisant les semences de ferme sauf en blé tendre où elle sont taxées de royaltie au profit des semenciers. Alors que tous les brevets sur les OGM pesticides appartiennent majoritairement à l’américain Monsanto, les firmes européennes ne s’intéressent plus qu’aux OGM clandestins, non étiquetés ni évalués car qualifiés de plantes issues de sélection « traditionnelle » (plantes mutées ou issues de fusion cellulaire…), ou par absence de toute règle officielle (nanotechnologies).
Ce début de victoire sur les OGM montre la nécessité de s’engager dans le débat environnemental pour renforcer la défense des paysans et les résistances populaires, sans naïveté sur leur possible instrumentalisation pour accélérer les restructurations et la course aux innovations indispensables à la croissance.

Publié dans : La vie des bêtes racontée aux enfants
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Lundi 29 octobre 2007 1 29 /10 /Oct /2007 17:40

présentation du projet Lekti-ecriture.com par Joël Faucilhon

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Lekti-ecriture.com a été fondé en 2002 à travers le magazine littéraire en ligne « Contre-feux », première composante historique du projet.

Le constat était le suivant : beaucoup de textes « meurent » de ne pas pouvoir être présentés et défendus auprès du public. Qu’il s’agisse de littérature française, ou de littérature en langue étrangère. La revue littéraire Contre-feux présente depuis 2002 des livres ou des auteurs essentiels, rares, les mêmes qui ont parfois du mal à trouver leur place auprès d’un public élargi. D’où l’importance que nous accordons à la phrase de Cornélius Castoriadis « ce n’est pas ce qui est, mais ce qui pourrait et devrait être, qui a besoin de nous. »

Le principe de la revue est de donner à lire, à entendre et à voir. Autrement dit, de travailler à la découverte d’auteurs au travers de dossiers thématiques qui rassemblent extraits de livres, textes critiques, et documents sonores. La plupart de ces dossiers sont mis en place avec la collaboration de nombreuses maisons d’édition françaises, d’auteurs ou de revues. Les éditeurs associés à Lekti-ecriture.com peuvent proposer la constitution d’un dossier, autour d’un auteur ou d’une œuvre qu’ils souhaitent mettre en valeur. Alors qu’au départ, nous avons plutôt travaillé sur des extraits d’ouvrages, nous privilégions maintenant de manière systématique la constitution d’un dossier qui regroupe des extraits d’ouvrages accompagnés d’éléments critiques, voire de documents audio. Dans la mesure où la plupart des auteurs ou des œuvres présentés au sein de la revue littéraire sont mal connus du grand public, il est nécessaire de développer une approche pédagogique et didactique, qui se traduit par notre volonté de donner à lire et à voir le plus grand nombre d’éléments possibles, afin d’accompagner la découverte d’un corpus par le lecteur.

La naissance des espaces de l’édition indépendante, seconde grande composante de Lekti-ecriture.com, date quant à elle de septembre 2003. À cette date, il nous paraissait évident que beaucoup d’éditeurs indépendants partageaient les mêmes problématiques (comment accentuer sa présence en librairie, se laisser découvrir par le grand public ?), mais agissaient de manière isolée. Dès lors, il paraissait pertinent de travailler sous la forme d’un collectif informel, qui avance de manière pragmatique. Chaque éditeur associé à Lekti dispose d’un espace, dont il est responsable, qu’il peut alimenter de manière autonome, et ce service est offert par Lekti afin de ne pas pénaliser les structures éditoriales les plus fragiles, du point de vue économique. L’interface interne de Lekti permet à chaque éditeur de construire ses propres contenus, sans pour autant disposer d’une culture informatique. Cet élément est essentiel, dans la mesure où il permet à chaque éditeur de s’approprier l’outil sans difficulté, avec un temps d’apprentissage quasiment nul. De nombreux éditeurs associés à Lekti apprécient cette facilité : Lekti est, pour certains, la seule source d’information qu’ils maîtrisent dans leur intégralité. Par ailleurs, Lekti permet également aux éditeurs de mieux se connaître, d’instaurer un dialogue, un échange, et de s’interroger mutuellement sur la situation actuelle du monde du livre en France grâce à un forum interne, ou encore une liste de diffusion. Notre intervention est minimale : une fois les contenus mis en place par les éditeurs, nous les vérifions rapidement avant de les mettre définitivement en ligne. Néanmoins, dans la pratique, nous aidons de manière systématique les éditeurs à enrichir leur espace et à élaborer de nouvelles notices, à partir du matériel qu’ils nous font parvenir (images, éléments textuels…). Nous allons certainement, dans les mois prochains, revoir nos pratiques, dans la mesure où nous consacrons actuellement beaucoup trop de temps à l’intégration de nouvelles notices, alors que ce travail est normalement à la charge de chaque éditeur. Mais notre aide est nécessaire, dans la mesure où ces derniers sont souvent pris par des tâches urgentes, et ont souvent du mal à dégager du temps pour nourrir leur espace éditeur. Mais nous ne disposons plus nécessairement du temps nécessaire pour aider, de manière systématique, les éditeurs à enrichir leur espace.

Actuellement, les espaces de l’édition indépendante rassemblent cinquante éditeurs francophones dont les situations, en matière de diffusion, sont éminemment variées. En réalité, les éditeurs associés à Lekti le deviennent en fonction de critères simples : la qualité du travail éditorial, et les qualités humaines des responsables des maisons d’édition. Il n’est pas souhaitable que le nombre d’éditeurs associés augmente encore de manière démesurée ; avec quarante éditeurs associés, il est d’ailleurs possible que nous ayons atteint une « taille critique ». Un à deux éditeurs par jour nous contactent pour rejoindre les espaces éditeurs, mais nous répondons presque toujours par la négative. Néanmoins, l’intérêt porté par de nombreux éditeurs au projet Lekti montre que ces derniers sont — de manière systématique — à la recherche de nouveaux outils de diffusion, alternatifs, qui puissent leur permettre d’acquérir une meilleure visibilité, que cela soit auprès des professionnels (librairies, bibliothèques, médias…), ou des particuliers.

Comment organiser la diffusion d’un catalogue d’éditeur sur Internet ?

Aider à la diffusion d’un catalogue d’éditeur, cela signifie pour nous travailler sur des formats multiples : outre les fiches de présentation des livres, que nous souhaitons aussi précises que possible, de nombreux documents au format PDF sont mis à la disposition des particuliers ou professionnels (catalogues, bons de commande pour les libraires, etc.). Il est également possible pour certains livres de feuilleter quelques pages, ou d’écouter en flux audio continu des rencontres liées à un livre en particulier, ou bien des lectures. Nous sommes également en train de mettre en place les premiers bloc-notes (autrement appelés blogs), d’auteurs ou de chercheurs en sciences humaines. L’ambition reste identique : il s’agit de donner à lire et à comprendre, afin que le grand public puisse mieux cerner l’importance d’un ouvrage ou d’un écrivain.

Néanmoins, Lekti n’a aucune vocation à « remplacer » ou agir à la place des diffuseurs traditionnels, dont l’importance est déterminante. Lekti est un outil complémentaire, supplémentaire, pour les professionnels et le grand public.

Par ailleurs, il serait illusoire de croire qu’Internet est un formidable outil de diffusion, au service des éditeurs indépendants. Il peut l’être, mais il ne l’est pas par nature, comme le croient trop souvent certains acteurs, institutionnels ou privés. De trop nombreuses études menées depuis deux ans recommandent l’ouverture d’un site Internet pour pallier au manque de visibilité des « petits éditeurs ». Le manque est réel, mais se fier à l’Internet pour résoudre ce problème est illusoire. Tout d’abord, il faudrait signaler qu’Internet est un média particulièrement difficile : de trop nombreux acteurs se prétendent compétents dans ce domaine, sans pour autant avoir développé un véritable savoir-faire. Et il est particulièrement difficile pour un non-initié de pouvoir repérer dans ce véritable maquis de véritables compétences.

D’autre part, les coûts de développement des projets Internet sont particulièrement élevés.

Financer Lekti-ecriture.com

Reste le plus important, c’est-à-dire le financement de la structure Lekti. Nous avons beaucoup réfléchi, au cours de l’année 2005, aux moyens de pérenniser la structure Lekti. Il nous paraissait dangereux, voire suicidaire, de faire appel de manière unique à des financements publics, sous la forme de subventions. D’ailleurs, à ce jour, Lekti n’a reçu aucune aide de la part d’acteurs publics.

Nous avons exclu d’emblée d’autres possibilités, comme la constitution d’une régie publicitaire. Dès lors, nous avons pensé à commercialiser les livres présentés par les éditeurs, en partenariat avec une librairie indépendante, afin de respecter l’ensemble des acteurs de la chaîne du livre. Nous avons eu la chance de trouver un partenaire de grande qualité, la librairie Clair-Obscur, située à Albi, dans le Tarn. L’ensemble des livres présentés par les éditeurs sur les espaces éditeurs de Lekti, soit plus d’un millier, sont en stock à la librairie, ce qui permet à Clair-Obscur de procéder à l’envoi des livres dans des délais brefs (moins de 48 heures). La mise en place de cette interface commerciale a été longue et difficile, elle devrait permettre à Lekti – nous le souhaitons – de trouver sa pérennité économique. Lekti a été conçu en tant qu’outil de promotion de la littérature, et le projet reste profondément ancré dans une démarche non commerciale. Mais les projets mis en place sur Lekti sont nombreux, et leur coût demeure élevé, même si l’ensemble des développements est assuré en interne. Nous devons donc trouver des solutions pertinentes pour assurer la viabilité du projet à long terme, ce qui représente un vrai défi lorsque le médium est l’Internet. Les grands quotidiens français ou anglo-saxons, par exemple, ont longtemps tâtonné, avant de définir avec quelques certitudes leur modèle économique pour l’Internet, dans un contexte de crise de leur formule papier. Ils font appel désormais, de manière systématique, à la publicité et surtout à l’accès aux contenus payants, deux solutions que nous avons d’emblée exclues, afin de respecter l’esprit du projet.

Perspectives

Nous avons été conscients, dès l’origine, des limites de ce projet, dans la mesure où une seule librairie indépendante était associée à la vente des livres, et non pas l’ensemble des librairies qui effectivement défendaient la production des éditeurs indépendants, associés à Lekti. Le choix de confier les ventes à une seule librairie était une démarche forcément arbitraire et contestable. Il nous était cependant imposé par la nécessité, afin que le projet soit efficace, que l’ensemble des livres proposés à la vente soit en stock à la librairie, afin de les envoyer avec des délais les plus brefs. Et nous n’étions pas en mesure, pour des raisons à la fois techniques, logistiques et humains — il ne faudrait pas oublier que Lekti est une microstructure —, de gérer différents stocks implantés dans différentes librairies.

Nous sommes éminemment conscients des limites actuelles de notre projet, et nous travaillons depuis maintenant plusieurs mois, au sein de Lekti, à l’élaboration d’un projet de soutien à la librairie indépendante, dont la plupart des librairies indépendantes pourraient bénéficier.

D’autant qu’il nous paraît urgent, de renouer un dialogue entre le grand public et les éditeurs indépendants. Et le travail de médiation des libraires, dans ce contexte, nous paraît essentiel. La relation entre le monde de l’édition indépendante et celui de la librairie est parfois chaotique, souvent conflictuel. Les éditeurs associés à Lekti se plaignent souvent du manque de place accordé à l’édition indépendante au sein des librairies, et du poids trop important accordé aux offices des grandes structures éditoriales. Les libraires répondent qu’il est souvent difficile et coûteux de travailler avec les éditeurs indépendants, lorsqu’ils sont en situation d’auto diffusion et d’auto distribution.

Néanmoins, je suis convaincu, en tant que porteur du projet Lekti, qu’il existe un lien organique et vital, à préserver, entre la librairie et le monde de l’édition indépendante. Les éditeurs eux-mêmes sont souvent inquiets de voir l’essor du commerce en ligne, au bénéfice exclusif de superstores culturels. Il n’existe pas d’éditeur, au sein de Lekti, qui ne soit satisfait de constater qu’Amazon soit devenu pour beaucoup leur premier « lieu de vente », ou soit en passe de l’être. La situation est particulièrement préoccupante pour les éditeurs qui disposent d’un catalogue important en sciences humaines. Pour ces derniers, la part de marché des ventes via le canal Internet est en hausse constante et régulière. Et ces catalogues d’éditeurs en sciences humaines seront les premiers concernés, lorsqu’il s’agira de « dématérialiser » le livre, de le vendre au format PDF notamment, via certaines plates-formes payantes (MSN Book Search, etc) . Nous aimerions néanmoins signaler que les tentatives de « dématérialiser » le livre ne touchent pas seulement les revues et les travaux de recherche, particulièrement en sciences humaines. Un site Internet comme Numilog, qui prend pour sous-titre librairie numérique, présente actuellement à la vente au format PDF protégé plus de soixante dix livres des éditions Gallimard, ainsi que d’autres titres issus des catalogues de POL, La Découverte, Le Dilletante ou Le Rocher.

Faut-il pour autant avoir peur, en tant que libraire, de ce genre d’initiatives ?

Il paraît peu probable que la vente de livres sous leur forme numérique touche le secteur de la littérature générale — pour l’instant —, pour des raisons que chacun d’entre nous a sans doute un jour expérimenté : s’il est possible de lire un article de nature scientifique à l’écran, il est excessivement malaisé, voire impossible, de découvrir une œuvre littéraire sur un support numérique. Les pulsations de l’écran entraînent rapidement une fatigue visuelle accrue, la présence de points de référence multiples (avec les complexes fenêtres présentes à l’écran) modifie la perception, ainsi que l’ont montré de nombreux mémoires et travaux en psychologie cognitive. Comme nous l’avons déjà signalé, il n’en est pas de même pour les articles ou les livres de recherche en sciences humaines.

Contrairement à ce que certains ont pu affirmer, nous ne pensons pas que l’avenir de la librairie indépendante réside dans sa capacité à « vendre de l’E-Book, du fichier numérique ». Bien au contraire, il paraît essentiel que la librairie puisse, au moment de se mettre en ligne, tirer parti de ce qu’elle est par nature, c’est-à-dire un lieu habité. Et la librairie indépendante ne doit pas se focaliser sur le modèle des grands superstores en ligne, mais développer sa propre stratégie, pour l’instant embryonnaire.

Si Lekti-ecriture.com a été fondé avec une revue littéraire, s’est enrichi en 2003 des espaces de l’édition indépendante, nous souhaitons porter désormais l’effort sur le soutien à la librairie indépendante, surtout en ces temps difficiles où la concurrence des grandes surfaces culturelles se dispute à celle de l’Internet. Et nous espérons pouvoir mener nos projets à terme.


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Samedi 27 octobre 2007 6 27 /10 /Oct /2007 21:05

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Aconcha est née à la Havane le 14 février 1946, dans une famille sino-africaine. Dès sa naissance, son oncle Tata, babalao ou “sorcier” dans le culte de la Santeria, décèle en elle une digne représentante de sa lignée et lui insuffle peu à peu son savoir. Mais, à la Révolution, le changement radical de la société cubaine interrompt les aspirations profonde de l’adolescente. Son père, fervent et sincère communiste, lui transmet sa fièvre révolutionnaire et, en 1965, elle obtient un poste à l’ambassade de Cuba à Paris. En mai 1968, elle quitte ces fonctions et opte résolument pour un retour vers ses rêves d’enfance en laissant libre cours à l’énergie créatrice qui l’habite.

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Toujours sous l’infuence magique de la Santeria, cette autodidacte se lance dans le milieu artistique et, bientôt, s’exprime à la fois comme peintre, dessinateur, sculpteur, styliste ; elle chante : à travers son CD “Noche Cubana” elle rend hommage au bolero.
Elle vit et travaille au coeur de la forêt dans le parc du Verdon en France. Elle peint pour se protéger, pour exister tout simplement.


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Les tableaux et les sculptures d'Aconcha nous parlent de l'abondance, de la fécondité de l'esprit, de l'imagination à travers des femmes, innombrables. Elles sont au centre de toutes les facettes de sa création. Elle les habille de textile, de quartz, de plume, de terre, de coquillage, de papier et puis les tubes de peinture acryliques, les pigments, les pastels secs, les encres, les crayons leurs donnent la lumière, la vie. Leur visage est tantôt solaire, tantôt lunaire, partout obsessionnel.Toute son ouvre est un chant à l'amour,un cantique à la nature et à la femme.

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