Dimanche 15 juillet 2007 7 15 /07 /Juil /2007 17:05

Les peintures sont de Dorothy Napangardi pour retrouver son travail Cliquez ici

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Gitane, regarde au creux de la main,
La valse des volutes bleues où se joue le destin
Et prédis-moi, des tempêtes, des soifs de rocs
En attendant des horizons nouveaux, au bout du quai.

J'ai cherché le vent en essayant de garder le cap,
Le sexe tendu en direction des néons somnambules.
Dans ce marigot où la nuit donne ses concerts
De sirènes faméliques, ses bagarres entre ivrognes.

Dans les éléments contraires, sur ce radeau,
Certains sont devenus fous, d'autres ont péri,
Quelques-uns ont survécu, aucun n'a prétendu y être
Lorsque est revenu l’apaisement.

Cigarette pour survivre au romantisme des visages
Avides de ces presque rien inventés pour continuer.
Cernés par l'existence trop lourde et la faim de vivre,
où l’on se consume sans remords aucun.

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Depuis l'âge de la nuit nous venions ici.
Sur les pierres tendres, des noms, des formes.
Dans un coin, l’empreinte des corps.

A même le sol s'y retrouvaient les amants.
Terre luisante dûe à la sueur et aux frottements des peaux
Au plaisir marqué par la semence qui a coulé sur le sol.

Dans cette grotte, nous avons découvert
L’émotion pure des corps emmêlés et sans l'avoir su,
Compris que nous n'appartiendrons plus à ce monde.

Sans retour possible plus rien ne fait peur.
Des plaisirs, des liens secrets,
Là où les autres enfants jouaient.

Te savoir vivante sans la souillure du possible me suffit.
J'imagine ces instants couronnés d'étoiles et de parfums.
Dans nos festins imperturbables, vivons apaisés
Quand l'amour s'éteint, atteint par tant de heurts.

Malgré confusion et silence,
Pareil à un poisson rouge dans un bocal
Hissons avec légèreté le drapeau de l’ignorance
Puisque les savoirs ne se laissent pas apprivoiser.

Glissons dans cette peau, d'un bout à l'autre du monde,
Avec l’empreinte d'éternité des vieux vêtements.
Nos morts veillent ensemble pour nous donner sens.
Retournés dans leurs croyances ils inventent l'inconnu.

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Bouleverser l'enchevêtrement des poutres par une métaphore du rien.
Vivre d'arrogance et avoir comme secours au passé, la désobéissance et un grain amer de café.
Nostalgie de ces années d'enfance incroyable, de voyages dans le possible.
Comment entrevoir la nudité des pénitents sans le romantisme du danger et les bourrelets violets des cicatrices sous les doigts.

La laideur épuise autant que la légèreté.

Traverser des ports, aimer les fleurs, le chant des oiseaux, saluer des poissons rouges.
Rien n'est moins fier que le lierre des anges sur les arbres.
Un matin d'été un cargo glisse au milieu des champs parmi les vaches noires et blanches.
Des quidams ébahis applaudissent un cortège qui glisse sur l'asphalte toutes sirènes affolées.


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Un basque qui joue de la musique aborigène


Si vous avez le goût pour les choses étranges, comme un mélange de flamenco/musique aborigène, voila une bonne adresse.
Quand je l'ai entendu jouer sa musique, face à l'océan sur le port de San Sébastian, j'ai tout de suite pensé à Gaston Lagaffe. Je ne sais pas pourquoi....
NIKOLA IBAN seul ou avec son groupe Samar le morceau Cuatro a déguster seul ou accompagné le morceau Maroko assez étonnant aussi. du ragga/reggae/aborigène c'est pas mal non plus à condition d'être totalement iconoclaste. Et pour ceux qui doutent encore, le petit dernier pour la route Totem

Si vous désirez vous procurer son CD: Cliquez ici

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Publié dans : De la poésie au quotidien
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Samedi 14 juillet 2007 6 14 /07 /Juil /2007 15:20

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A lire, à relire, à faire lire !

Peyo et Yvan Delporte – Dupuis 1965."


Le Schtroumpfissime est un album très particulier : un livre politique pour enfants. Une vraie leçon d’instruction civique, en moins schroumpfant. Il n’est jamais trop tôt pour alerter la jeunesse des dangers de la démagogie, et cette BD le réussit à merveille. Les adultes de maintenant ne l’ont pas lu étant enfants, faut croire. La trame "historique" : le grand Schtroumpf, autorité incontestée au village des schtroumpfs, doit s’absenter quelques temps. Soit dit en passant, je me demande bien d’où vient la légitimité du pouvoir du grand Schtroumpf : de son âge, de sa science ou de sa sagesse ? Des trois à la fois sans doute …

Comme la constitution schtroumpf ne prévoit pas les cas de vacance du pouvoir, les Schtroumpfs se chamaillent pour savoir qui sera le chef, puis décident d’organiser une élection démocratique. Jusque-là tout va bien. Notons que le suffrage est universel masculin puisque la Schtroumpfette n’apparaîtra qu’au prochain album …

C’est là que ça se corse : un Schtroumpf, plus roublard que les autres, va utiliser toutes les ficelles de la démagogie pour se faire élire : flagornerie, promesses tous azimuts (qui bien sûr n’engagent que ceux qui les croient), manifestations d’éloquence, envois et renvois d’ascenseurs et, enfin, distribution gratuite de jus de framboise … Les Schtroumpfs sont séduits, et le petit malin est élu.

Arrivé au pouvoir, celui qui, vêtu d’un costume jaune ("C‘est pas un costume jaune, c‘est un costume OR !"), se fait appeler Schtroumpfissime, va basculer progressivement vers un pouvoir autoritaire. Gouvernant à coups de médailles, entretenant une milice privée toute-puissante, il instaure une dictature plus vraie que nature. Des Schtroumpfs sont embastillés, la résistance s’organise, la guerre civile approche …

C’est une démonstration très convaincante et accessible à tous, avec un humour rarement vu dans les BD "jeunesse" de l’époque.

Publié dans : La vie des bêtes racontée aux enfants
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Samedi 14 juillet 2007 6 14 /07 /Juil /2007 15:00

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L'homme dans son antre est en pleine réflexion... Malgré un cliché de profil on peut apercevoir dans son regard la pointe d'humour qui lui permet de livrer ses petits ballouheys "hebdromadaires"...

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Publié dans : La vie des bêtes racontée aux enfants
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Jeudi 5 juillet 2007 4 05 /07 /Juil /2007 19:55

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Photo: Bénédicte Mercier

Par Daniel Delort
(Membre de la Coordination des Indépendants du livre)
Editions Atelier du Gué
editions@atelierdugue.com
www.atelierdugue.com


La Poste, (établissement public industriel et commercial) se modernise, et risque bientôt la privatisation avec une éventuelle ouverture totale du marché dès 2009. D’ores et déjà la voilà scindée en plusieurs « sociétés » formant le groupe La Poste (banque, courrier, colis et réseau de distribution-bureaux) où chacune impose ses propres règles, ses nouveaux tarifs sans se soucier des usagers, qui deviennent alors des clients. On manage déjà comme dans les entreprises privées. D’ailleurs on recommande aux postiers de ne plus s’appeler collègues entre eux mais collaborateurs. On réduit le nombre de guichets, on met des caméras et des hôtesses d’accueil, on vend de services et on a déjà effacé les mots « République Française » sur les timbres… En même temps on supprime les tarifs et services intermédiaires qui ne rapportent pas assez ou bien on les cache soigneusement, ne les proposant tout simplement plus au public. Foi de manager, faut faire payer le prix fort.

Produits de luxe
Les éditeurs (et en particulier ceux que l’esprit d’indépendance a toujours tenus éloignés des grosses machineries de la diffusion) et pour qui la Poste a été l’outil naturel de leur distribution se trouvent aujourd’hui, par la réduction de l’offre tarifaire, confrontés à des coûts postaux disproportionnés au regard du contenu de leurs envois.
On se souvient d’un temps pas si ancien où le service public de la Poste proposait un tarif «Livres» pour la France. Disparu un jour sans crier gare. Restent les envois de livres à l’étranger à tarif réduit sous la mention «Livres et brochures» qui relève de conventions internationales anciennes appliquées dans la plupart des pays. Beaucoup d’éditeurs ne le connaissent pas. Comme la France n’applique pas ce tarif sur son propre territoire, il revient trois ou cinq fois plus cher d’adresser un livre à deux pas de chez soi que de l’envoyer à Madrid ou à Pékin. Puis envolés aussi les autres tarifs réduits «Coliéco», «tarifs lents», « Sacs de librairie» qui ne sont plus proposés, etc.
Dans les années 80, le coût de l’envoi postal d’un ouvrage en tarif «lettre» ou «Ecopli» à un libraire ou un particulier représentait environ (selon la nature et le poids de l’objet) entre 6 à 10 % du prix du livre. Ce qui restait dans des normes acceptables, équivalentes au pourcentage prélevé par un distributeur. Or, depuis quelque temps, la Poste impose le «Colissimo» aux éditeurs. Et de quel droit ? Voilà qui multiplie le coût de l’envoi par trois, cinq ou dix. C’est brutal. Un livre d’un prix de 10 € et d’un poids inférieur à 250 gr revient aujourd’hui à 5,10 €, c’est-à-dire que la seule enveloppe affranchie représente plus de 50 % de la valeur de son contenu. C’est une vente à perte à coup sûr que l’éditeur s’abstiendra de faire, ou une commande que le libraire évitera de passer si l’éditeur envisage de lui faire payer le port.
On ne va pas détailler ici tous les tarifs proposés qui sont à l’avenant. Y compris les propositions commerciales dites « Pro » qui ne correspondent pas aux exigences et au flux des commandes des éditeurs indépendants.
Comme le rappelle fort justement le Préfet Maritime dans son Alamblog (http://www.lekti-ecriture.com/blogs/alamblog/) « contre toute attente, la vente par correspondance est en train de devenir un vecteur du produit de luxe ! »

Le grand ménage.
La plupart des revues littéraires, pourvu qu’elles satisfassent à un certain nombre de critères et soient agréées par la CPPAP, peuvent bénéficier du « Tarif-presse » de la Poste.
Probablement dans le même souci de rentabilité, des centaines de revues littéraires ont, depuis 1999, été exclues du « Tarif-presse (sans d’ailleurs qu’elles en aient été prévenues). Ainsi la revue Brèves (actualité de la nouvelle) s’est vue refuser – entre autres raisons – le Tarif-presse (qu’elle avait pourtant depuis 25 ans), au prétexte qu’elle publiait dans ses colonnes plus de 50 % de sa surface en « nouvelles » genre littéraire non admis par la CPPAP, car assimilé… au courrier du cœur ou aux mots croisés. (sic !). Beaucoup de revues, pour des raisons de contenu, de périodicité ou de forme ont ainsi été privées de leur instrument de diffusion. S’il est possible de demander un nouveau n°de CCPAP, en s’alignant sur les nouveaux critères d’attribution, la plupart jettent l’éponge car la Poste exige aujourd’hui de leur part la préparation du tri informatique par liasses et l’achat d’un logiciel de près de 3000€ dont la manipulation extrêmement lourde demande quasiment un informaticien sur place. Comment exiger des revues littéraires, par nature fragiles, sans moyen financier et fonctionnant pour beaucoup sur le mode du bénévolat, de satisfaire à des critères économiques et techniques qui sont ceux de la grande presse ?
Quelques beaux esprits nous rétorquent que le papier, c’est fini. Que tout passe par des supports numériques et que la nouvelle littérature s’épanche dans les canaux du web par codes alphanumériques. Le livre est mort. Tout passe par le virtuel. « Faites votre revue sur internet, soyez moderne ! » Allez dire ça à quelques bibliomanes que je connais du côté du Quai François Mauriac ou dans quelques arrières-boutiques Quai de Seine ! Je ne connais pas un support plus adapté que le livre à la littérature, et cela depuis six siècles, ni plus pratique, plus écologique, plus économique, plus durable… bref, plus moderne.

Censure économique.
La circulation du livre avait toujours bénéficié de la part de la Poste d’une attention bienveillante et elle ne manquait pas de faire valoir son soutien à la littérature et aux écrivains (attribution de bourses, mécénat, de prix littéraires). Or, les nouvelles dispositions commerciales de la Poste contredisent d’un coup ces beaux efforts.
Quand une revue littéraire ou un éditeur qui vend en direct aux libraires ou aux particuliers doit dépenser près de 50 % de son budget en coûts postaux, il n’est pas faux de dire qu’il subit là une véritable censure économique.
La petite édition et l’édition de création est soutenue par les institutions par des aides financières au développement. Mais demain on pourra se demander si ces aides publiques allouées à ces éditeurs seront encore légitimes si elle devaient servir, non plus au développement propre de l’éditeur, mais à l’enrichissement d’un service postal devenu privatisé. Et ce n’est pas non plus des tentatives – plus ou moins bien calibrées – de distribution en librairies qui peuvent résoudre, dans sa globalité, la question des tarifs postaux.
Les entreprises artisanales d’édition, les librairies indépendantes, éminemment non rentables, qui sont les laboratoires où s’invente une littérature en devenir, où se révèlent les écrivains de demain, ne peuvent se sacrifier sur l’autel d’un économisme aveugle sans rien dire. Il en va de leur survie.
Au moment où de grandes concentrations s’opèrent dans l’édition et la librairie, concentrant tous les outils de diffusion et de distribution entre les mains d’un ou deux grands groupes financiers, rejetant dans les marges l’édition indépendante, se pose avec encore plus d’acuité la question de la diversité culturelle, de la diffusion du savoir et de la libre circulation des idées.
La Poste doit rester l’instrument du développement de l’édition indépendante..

Plus de 6000 acteurs du livre.
A l’initiative de différents groupes d’éditeurs indépendants, une pétition lancée au printemps, relayée sur internet par les éditions Cynthia 3000
(http://www.cynthia3000.info/petition/index.php?petition=3)
et par près d’une centaine de sites littéraires, a recueilli en un temps record plus 6000 soutiens émanant de tous les corps de la profession (libraires, bibliothécaires, éditeurs, écrivains, responsables de salons du livre, traducteurs, illustrateurs, artistes, CRL, agences du livre, etc), avec le soutien extérieur et appuyé des syndicats de postiers. Elle rappelle les inquiétudes des éditeurs, la situation qui leur est faite et avance quelques propositions. En particulier, les signataires demandent à l’État (qui est toujours propriétaire à 100 % de la Poste et dont il fixe les missions), de créer un tarif préférentiel et adapté pour les livres et les revues (indépendamment, pour celles-ci, de l’attribution, ou non, d’un numéro de commission paritaire), et d’inscrire ce tarif au registre des missions de service public de la Poste.

Une coordination (libraires, éditeurs, médias, écrivains…) s’est constituée comme socle professionnel pour représenter les signataires. laposte@lekti-ecriture.com

La pétition est disponible sur le Marché (stand de L’Atelier du Gué , stand du Temps des Cerises où vous pouvez venir ajouter votre soutien.
Cette pétition touche à la liberté d’expression comme à l’économie du livre, et au final, au libre choix du lecteur. En ce sens, la revendication qu’elle porte n’est pas corporatiste, et au-delà des tarifs postaux, c’est aussi une question de société qui est posée.
(Cet article est paru dans le « Journal du Marché de la poésie » - ETE 2007. Ressacs tient à remercier l'ami Daniel Delort de nous avoir fourni le texte original pour publication sur le blog...)

(à suivre....)

Publié dans : La vie des bêtes racontée aux enfants
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Lundi 2 juillet 2007 1 02 /07 /Juil /2007 10:30

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Cette photo provient du site du photographe Cara Barer cliquez sur son nom pour voir son travail...


Quand je pense que j’ai même publié des plaquettes à compte d’auteur. Bien sûr à force de ténacité et d’abnégation, j’ai aussi réussi à trouver un éditeur pour mes romans qui n’ont pas marché. J’aurais tout vu et beaucoup entendu. Enfin…
On m’a aussi répondu : « On ne va pas faire d'argent avec la misère du monde. Il faut écrire des choses lisibles par le lecteur lambda. »
Dame, ces gens là ne sont pas là pour rire. Ils ont des coefficients multiplicateurs à la place du cerveau.
— Ce n'est pas un texte de cette mouture là qu'on attend de vous, m’avait habilement glissé à l’oreille un directeur commercial comme une bonne fée.
Alors il ne s’est plus senti si laideron le petit auteur. Le commercial n’avait pas encore crié au génie, que le petit prétentieux que j’étais déjà écoutait.
— Vous savez, mon ami, pour survivre il faut accepter de passer sous les fourches caudines du Marché. Pour que votre littérature se retrouve sur l’étal du supermarché, comme n’importe quel objet. Pour être visible, il faut avoir été vu. Par des gens dont c'est le métier de voir, a-t-il continué. Vous devez comprendre ça, si vous voulez prétendre devenir écrivain. Vous devez plaire aux gens du métier car ce sont eux qui décernent les points. Vous avez un peu de talent, du moins suffisamment pour que je perde mon temps avec vous et que je vous réponde au téléphone mais, de grâce, arrêtez de geindre et de faire pleurer. Dans les chaumières, les gens recherchent de la littérature qui les réconfortera et leur fera oublier le quotidien, mais pas une littérature de gémissements à longueur de pages. Vous savez, les gens qui lisent des manuscrits qu'ils n'ont pas écrits sont persuadés que, s'ils en écrivaient, ils feraient de la bonne littérature. Alors faites leur croire que c’est eux qui l’ont écrit. Utilisez leur langue, leurs références, mais ne leur imposez pas votre vision du monde, aussi talentueuse soit elle. Elle ne se vendra pas. Votre petite histoire sur l’échelle de Richter des catastrophes humaines ne vaut rien. Un immeuble qui s’effondre intéresse bien plus la ménagère.
— Il y a du style dans ces textes, je vous jure, avais-je tenté d’articuler en avocat du diable.
— Y a t il une maladie incurable en jeu? Un marathon de la solidarité qui est prévu? Une perversion sexuelle quelconque? quelque chose qui permettrait à un très large public de s’identifier?
— Non, rien de tout ça !
— Vous voyez bien que ça ne sert à rien le style, si on ne peut pas le vendre. Il faut être sérieux. Le style mon ami c’est un épiphénomène, une demande marginale du marché ! Qui s’intéresse au style à part vous et quelques esthètes ? Personne ! Vous avez du talent, alors ne le gâchez pas avec une histoire qui va rebuter le lecteur moyen. Non, racontez en nous une qui fasse rêver et dans laquelle il y ait une pincée d’aventure, une autre d’érotisme, du suspens, des bons, des méchants. Vous me saupoudrez tout ça avec du soleil, de l’exotisme. Voilà ! Vendez moi ça dans un très bon décor. Mais ne parlez pas de la misère, aussi juste soit votre vision. Les gens veulent qu’on les fasse rêver. Pas qu’on leur mette le nez dans le caca. Nous, on s’efforce de leur faire oublier le quotidien, alors que vous voulez le changer. C’est courageux et totalement inconscient. Vous êtes encore dans le romantisme rimbaldien, c’est beau, c’est noble, c’est généreux mais épuisant. Que voulez vous exactement ? Vivre de votre plume ou écrire pour le plaisir au risque de n’être ni publié, ni lu ? Faites le tri dans vos sentiments et vos désirs. Si vous pensez vouloir gagner votre vie, changez de registre. Sinon personne ne vous suivra sur un coup pareil. Vous croyez encore à l’intelligence du lecteur, au bouche-à-oreille. Mon pauvre, il faut atterrir. Si vous ne passez pas à la télé dans plusieurs émissions en peu de temps et que votre bouquin ne tourne pas dès la première semaine, c’est foutu. Ça, mon ami, c’est la réalité et vous devez composer avec. Je vous dis ça parce que vous m’êtes bien sympathique. Vous me plaisez bien avec votre fougue. Votre histoire est très intéressante en soi. Mais ne la gâchez pas, je vous en prie. Revenez me voir quand vous serez dans ce créneau, je suis sûr qu’on fera de très bonnes affaires ensemble, dans trois, dans cinq, dans dix ans peu importe. J’attends l’auteur que je saurais vendre et on me paye pour ça.

Et le petit auteur que j’étais à l’époque tout penaud comme un jeune chiot qui vient de s’être fait réprimander par son maître parce qu’il s’est laissé aller dans un coin de la pièce marchait le long des quais de la Seine avec une furieuse envie de se foutre à l’eau.
— Non, tout n’est pas perdu. Ce type a sûrement raison. Il faut utiliser ce qu’il m’a dit pour m’adapter au marché. Oui, tout ce qu’il raconte est vrai, mais je ferais mieux encore. Je vais sortir le grand jeu.

Car le petit auteur qui se trouve dans chaque écrivain est prêt à entendre ça. Il en ferait des montagnes pour trouver un éditeur. Il rampe en bon petit gars. Il obéit à l’œil, le doigt sur la couture. Prêt à toutes les bassesses pour admirer son nom imprimé sur la jaquette. Brave bougre. Il ne discute pas les pourcentages, les droits d’adaptation, les éditions étrangères. Il signe tout, sans regarder, sans lire, sans comprendre. Même s’il le lit, il sait qu’il peut toujours essayer de décrypter les termes d’un contrat d’édition. Sans maîtrise de droit, il n’a aucune chance de s’en sortir.
Il en tortille du popotin comme une roulure, le petit auteur. Dans les bassesses les plus minables, il est capable de se fourvoyer le tout à l’égo de l’auteur. Si l’artisan de la phrase lui laisse prendre les commandes il a tort cent fois. Si la bourrique d’auteur tient les rênes, le tailleur de phrase perd tout libre arbitre. Flanqué de l’enflure d’auteur et de son maquignon d’éditeur, il ne peut que s’attendre au pire. Car pour l’éditeur, tout est bon, pour plumer le velléitaire pisse copie. Les corrections, il les refuse en cas de réimpression, à cause de la mise en page, des films et des plaques. Ou alors, il faut les défalquer des droits. C’était écrit dans une ligne d’un paragraphe du contrat qu’il n’avait pas pris le temps de se faire expliquer.
Quant à l’auteur, il va sur les salons avec sa voiture, paie l’essence du déplacement, parfois son repas froid. Et il pousse le vice jusqu’à accepter de loger dans un mi-pucier, mi hôtel, en face de la gare ou en périphérie de la ville, pour ne pas faire trop de frais à l’éditeur. Voire même il partage sa chambre avec un commercial qui ronfle. Il accepte de rester figé à son siège pendant des jours entiers, sous un chapiteau étouffant, un gymnase bruyant, une salle des fêtes frigorifique, ou un hall déserté pour cause de championnat de foot, pour tenter de vendre quelques exemplaires. Si ses livres ne sont pas égarés dans la nature et sont bien arrivés sur le stand en heure et date, il s’estimera miraculé. Pendant tout ce temps, une pythie éructera dans un haut parleur la liste des auteurs présents sur le salon, ainsi que celui du petit Jonathan, qui attend son papa au bar. Là où il était quasi sûr de le retrouver. Ces annonces lui déchireront les tympans. Il se farcira la présence de ses collègues célèbres qui dédicaceront à tour de bras. Il sourira aux inepties d’un critique littéraire stalino dépressif pour faire semblant d’être poli et ne le sera pas de toute façon.
L’auteur est comme les autres humains, un individu avec varices, hémorroïdes, calvitie, embonpoint, arthrose et autres avaries. Mais plus putassier que lui, cela ne doit pas exister. Quand il peut lire son nom sur le programme, il prend une décharge d’adrénaline pure. Cela lui semble tellement incroyable. Enfin la gloire. Qu’importe si l’entrefilet, de deux lignes en corps six qui parlera de lui, aura pompé l’argumentaire fourni par l’attachée de presse, aussi excité qu’un pygmée atteint par la mouche tsé tsé. L’auteur se sent récompensé de tant d’efforts. Soldat de toutes les guerres, sur tous les fronts, il pense que son sort est enviable. Il aurait l’impression d’être mesquin en demandant l’application de la convention de Genève qui sied à son cas. Le droit à un minimum de traitement humain et l’accès aux soins vitaux, au cas où il survivrait à cet abattoir. Car il y a bien peu de chances pour qu’il remonte à l’assaut lors de la prochaine offensive.
Ce n’est pas le tout d’avoir son nom sur la couverture. Il préfère être payé comme nègre et qu’un autre profite d’une gloire si aléatoire. Aux manettes, notre homme se sent pousser des ailes et il soupèse, découpe, taille, tranche, traite et traficote. Le comportement est putassier mais il n’a pas pu s’en empêcher. Il en a fait son affaire du procédé. Il a du métier et il prend la phrase en main. Maintenir l'assistance en haleine en attendant la chute justifie tout ce qu’il peut raconter tout le long de ces pages. Parce que sans elles il n’est plus rien. De l'effet fluet à la répugnance, il importe que le tableau final plaise.
Avec le temps, j’ai fini par me demander si ma femme n’avait pas raison de me quitter à cause de cette manie d’écrire. Cette foutue littérature ne m’a rien rapporté. Je me suis fâché avec beaucoup de gens. Je suis toujours aussi fauché. J’ai brocardé tous les plans sérieux de carrière qui m’ont été proposés pour me consacrer entièrement à ce vice. Les jours de doute, je me ressasse qu’elle avait raison. Les autres, moins nombreux, je pense qu’il vaut mieux crever dans une ultime extase que vivre comme un eunuque passif auprès de sa ménagère de plus de cinquante ans, car le feulement des charentaises est aussi terrible que le bruit des bottes.

Publié dans : Humeur
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Dimanche 1 juillet 2007 7 01 /07 /Juil /2007 23:25

LES INUIT DE SIORAPALUK DU NORD GROENLAND



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Jocelyne OLLIVIER-HENRY présente son expérience sous forme de conférences audiovisuelles et d'expositions dans les écoles, les facultés, les associations, les organismes culturels, les universités pour les seniors… etc.


Conférence " Les Inuit de SIORAPALUK "

Spectacle audiovisuel d'une durée de 45 minutes. Diapositives en fondu-enchaîné et bande son numérique qui retrace l'histoire des Eskimos. Ce spectacle évoque la flore, la faune, la vie quotidienne des chasseurs au rythme des saisons avec la chasse aux mammifères marins, aux oiseaux migrateurs et la pêche à l'omble chevalier... Ce diaporama évoque le travail des femmes avec la préparation des peaux, le séchage et le tannage, la fabrication des vêtements, les discussions conviviales autour du thé en attendant le retour du soleil...


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Pour rentrer en contact avec Jocelyne Cliquez ICI

L'année Polaire



La rédaction de Ressacs présente ses félicitations à Farid qui a reçu dans le cadre de l'année polaire internationale 2007-2008, le Prix du Cercle Polaire. Il lui a été décerné - à l'unanimité -pour "L'aventure des Pôles" meilleur ouvrage dans la catégories "beaux livres".

Le jury, réuni au Sénat, était présidé par Claude Lorius, glaciologue et président du comité de l’Académie des sciences pour l’Année Polaire Internationale, et composé d'une dizaine de membres avec, entre autres, Erik Orsenna, de l’Académie Française; Jean Audouze, astrophysicien, directeur de recherche au CNRS; Sylvie Devers, directrice du fond polaire du Muséum National d’Histoire Naturelle; Marie-Noelle Houssais, Chargée de recherches au CNRS... etc

Pour en savoir plus Cliquez ici

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Publié dans : A hauteur d'homme
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Vendredi 29 juin 2007 5 29 /06 /Juin /2007 16:25

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Deux heures du matin en gare de New Delhi à attendre le train qui décidément a beaucoup de retard, ce qui est normal. Compter les rats qui grouillent parmi tous ces humains allongés à même le sol, parfois sur des cartons. Trente, cinquante, cent de ces énormes bestiaux sur un seul quai, des milliers probablement dans la gare. La proximité de ces bêtes et les remugles ammoniaqués qui proviennent de l’urine fermentée ne semble pas déranger les dormeurs. Il imaginait la tête de son supérieur hiérarchique si emprunt de parcimonie et de bon goût, assénant dans sa sainte pondération une leçon de bonne tenue, ici sur ce quai, au milieu de ces gueux. Sa suffisance en prendrait un sacré coup. Vert, l’homme serait, blême de trouille, pensant que sur le champ, il finirait en nourriture pour ces braves bêtes, adorées sous ces cieux. Probablement que l'homme serait en train de chercher dans les canons de ses références linguistique le bon mot qui sied en la circonstance pour décrire ce merdier qui s’étale sur cinq colonnes à ses pieds.
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Publié dans : La vie des bêtes racontée aux enfants
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Mardi 26 juin 2007 2 26 /06 /Juin /2007 18:20

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Photo Bénédicte Mercier

Une belle et douce petite vache couleur daim avec ses cornes en arrière, et une tache de safran au milieu du front vous regardera sans vous voir et passera son chemin. Raisonnablement vous penserez que cette vache s’est échappée. Que vous allez voir débouler son propriétaire affolé venir récupérer son bien et reconduire la belle dans son enclos. Vous raisonnez encore. Et cela vous conduira à votre perte. Acceptez l’idée que vous venez de rencontrer votre première vache sacrée. Et le regard tendre dû à la douceur de ses yeux cernés de noir, et ses cornes peintes, une orange l’autre en jaune comme une beauté de comice agricole coquette vous provoquera autant d’émotion que le premier pas de l’homme sur la lune. Mais que fait donc un animal sacré ici ?
Cessez de penser et acceptez de la voire fouiller dans les poubelles au beau milieu de l’artère la plus commerçante de cette citée de deux millions d’âmes. Vous pensez encore raisonnablement que deux million d’individus dans une citée rendent la taille de cette ville importante. Détrompez vous, ce n’est qu’une insignifiante bourgade. Cessez de penser et immédiatement vous cesserez de vous agiter.
La raison, le cartésianisme, il faut oublier tout ça. Et en faire un paquet juste bon à foutre à la déchetterie. Ça c’était l’autre civilisation. La raison et le cartésianisme n’ont plus cours en ces lieux. Cette vache est urbaine. Elle dort sur une place de parking. Dans les poubelles, elle se nourrit de feuilles de bananier, de vieux journaux, de cartons et aux halles de détritus. Elle fait sa tournée de poubelle et comme le facteur elle connaît ses boîtes à lettres. Chaque matin, vous la croiserez sur votre chemin, impassible, les yeux emplis de la sagesse d’un maître yogi en méditation. Elle s’allongera pour ruminer ou bon lui semblera et personne ne songera à déranger la déesse nourricière. Paisible comme un chat qui se réchauffe dans les derniers rayons de soleil de l’automne sur une pierre tombale au Père-Lachaise. Son propriétaire qui habite deux pâtés de maison plus loin trait quotidiennement le peu de lait aromatisé à l’encre de rotative des journaux, qu’il revend dans son quartier.

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Photo Bénédicte Mercier

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Mardi 26 juin 2007 2 26 /06 /Juin /2007 18:02

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Mardi 26 juin 2007 2 26 /06 /Juin /2007 10:20

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C'est du 21 au 24 juin que s'est déroulé le 25ème Marché de la Poésie, Place St-Sulpice à Paris 6e.
Tous les participants et le programme en cliquant ici

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Les Carnets du Dessert de Lune y ont fait escale pour la dixième fois en compagnie des éditions Le Pré Carré.
Sous le parasol planté sur l'emplacement nommé FACE D15,
Sur le pont du navire, vous trouverez aussi les autres titres des passagers embarqués depuis le début de l'aventure éditoriale.


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