Chardons bleus
Bannis dans l'enfermement du regard,
Empreintes d'humains, ombres vivantes malgré tout,
Ces destins piétinés persistent comme la faim.
Aucune honte n'affleure les lèvres.
L'insignifiance est devenue possible.
L’annonce du crépuscule donne proximité à l'innocence.
Dans l'aube des rues porteuses de tant de destins
Psalmodier l'oraison charnelle du remord d'amour.
Le silence supplémentaire cueille à la radio
L'étrange symphonie des bonimenteurs.
La pluie fine n'est pas un hasard au fond des cours
Elle retient l'abandon où se reposer pendant ces escales
Comme un ouvrage à terminer loin de tous.
Ceux qui témoignent, riposte dérisoire,
Le font ceint de hoquets et de douleur
Sans joindre les mains, hantés par l'âme des morts.
Comment accepter, l’abjection du quotidien ?
Esprits autant vivants que morts apaisés par le seul savoir.